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Mexique: soutien franc et massif de «L’Osservatore Romano» à Mgr Ruiz
Le quotidien désigne clairement les coupables:
Les propriétaires terriens et les nantis
Rome, 22février(APIC) «L’Osservatore Romano» vole au secours de Mgr Samuel Ruiz Garcia, évêque de San Cristobal de las Casas, dans le Chiapas mexicain. Un soutien franc et massif. Mgr Ruiz est attaqué pour son rôle de médiateur, commente le quotidien du Vatican, dans son édition du 22 février.
«L’Osservatore Romano» met les points sur les «i», en désignant clairement
les coupables: «les propriétaires terriens et les nantis».
Le quodidien du Saint-Siège relate l’assaut violent par un groupe extrémiste, dimanche 19 février, de la cathédrale de San Cristobal de las Casas,
où Mgr Samuel Ruiz s’était réfugié en compagnie d’»Indios» du Chiapas dont
il s’est fait le défenseur. L’article en situe ainsi le contexte: «Alors
que le gouvernement fédéral se dit prêt à reprendre les négociations de
paix avec l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), les propriétaires terriens et les nantis de la région tentent par tous les moyens de saboter le dialogue et de provoquer un conflit armé et une effusion de sang».
Pour «L’Osservatore Romano», les incidents de dimanche sont caractéristiques de la crise du Chiapas: «Les indigènes, descendants des Mayas, et
les paysans pauvres sont en train de relever la tête pour se sortir de conditions séculaires d’exploitation économique et sociale et de la marginalisation politique. De l’autre côté des barricades, on trouve les propriétaires terriens et la haute bourgeoisie en général, qui n’admettent pas les
réformes, même graduelles ou partielles, de l’ordre social actuel, et veulent que l’armée fédérale anéantisse l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN)».
Mgr Ruiz n’abondonnera pas son diocèse
Dans ce contexte, peut-on lire, les attaques contre Mgr Ruiz s’expliquent aussi par le fait que l’évêque joue depuis un an le rôle de médiateur
pour tenter de stopper un conflit sanguinaire et permettre une solution de
la crise qui mette fin à la révolte et fasse droit en même temps aux justes
revendications des masses pauvres et exploitées de son diocèse. Malgré la
violente contestation de dimanche et les pressions et intimidations de toutes sortes, Mgr Ruiz a assuré qu’il n’abandonnerait pas son diocèse.
«L’Osservatore Romano» observe en conclusion que la crise du Chiapas
semble être dans une impasse. Car, dit-il tandis que le gouvernement, qui a
repris et occupé par la force les villes et villages qui étaient sous le
contrôle des rebelles, propose de reprendre les négociations de paix, l’armée zapatiste, dont les militants se sont retranchés dans la forêt impénétrable de Lacandona, pose comme condition à la reprise du dialogue le retrait des forces militaires.
A quel jeu s’est prêté Mgr Sandoval?
Dans une interview publiée mercredi par «L’Unità», journal d’obédience
communiste, Mgr Ruiz fournit la même version des événements de dimanche:
«Ces politiciens, ces organisations ne cherchent ni dialogue ni solutions,
ils ne cherchent qu’à empêcher toute possibilité de changement.» L’évêque
précise que les opérations militaires ne sont pas terminées, contrairement
à ce qu’affirme le gouvernement. Il confirme surtout la volonté de mener
son combat jusqu’au bout. «Je reste ici non seulement parce que la Conférence épiscopale mexicaine, aujourd’hui encore, a réaffirmé sa solidarité
et son soutien à notre diocèse, mais surtout je continuerai mon travail et
ma mission pour mes frères indigènes tant que j’en aurai la force. Si on me
retire cette mission, j’obéirai, mais si c’est à cause d’informations mensongères, il sera de mon devoir de faire connaître la vérité. J’ai promis
obéissance au Pontife Romain dans le Christ, pas à César.»
De son côté, «L’Avvenire», le journal de l’épiscopat italien, dément les
rumeurs, dont a fait état le cardinal Sandoval, archevêque de Guadalajara,
selon lesquelles le Vatican aurait récemment encore exigé de Mgr Ruiz qu’il
donne sa démission. Une demande de clarification a bien été adressée à Mgr
Ruiz concernant ses options pastorales, affirme le quotidien, mais c’était
«il y a bien plus d’un an», et, vu la médiation assumée aujourd’hui par
l’évêque du Chiapas «sur proposition du gouvernement», reparler aujourd’hui
sur sa «démission» est inopportun, car «cela pourrait avoir une signification politique dont les propriétaires terriens pourraient facilement tirer
profit». (apic/jmg/pr)
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