apic/Prague/ Mgr Vlk
Prague: La propriété de la cathédrale St-Guy encore disputée (210295)
Le cardinal Vlk parle d’un nouveau «Kulturkampf»
Rome, 21février(APIC) La propriété de la cathédrale Saint Guy de Prague
acquise à l’Eglise par un jugement de première instance, risque d’être remise en cause par un recours déposé par un groupe d’ex-dissidents et d’excommunistes athées et anticléricaux, indique mardi le cardinal Miloslav Vlk
dans une interview au quotidien italien «L’Informazione».
Aux yeux du cardinal, il ne peut y avoir aucun doute quant à la
propriété de la cathédrale, ce qui ne veut pas dire qu’il faille exclure la
présence de l’Etat et de la sociéte, car l’édifice est un symbole pour la
nation. explique-t-il. Mgr Vlk souligne que la Tchéquie actuelle a hérité
du système juridique et du droit communistes, sans rompre nettement avec le
passé. Une vision négative de la propriété subsiste dans les mentalités et
le droit à la propriété n’est pas clairement affirmé.
L’athéisation du pays est une raison plus profonde, relève l’archevêque
de Prague. «La moitié de la population n’est pas croyante, et un vieil anticléricalisme est encore très vivant.» La société se ferme sur elle-même
juge le prélat et l’héritage du communisme favorise le nationalisme. Ce
contexte d’hostilité envers l’Eglise fait dire au cardinal que la République tchèque vit une sorte de «Kulturkampf».
Interrogé comme président du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE), le cardinal Vlk considère que certains postulats du communisme continuent à se développer en Europe, non plus sous la bannière du marxisme, mais sous d’autres formes. L’enthousiasme suscité par la chute des
murs en 1989 est retombé. «Juste après la chute du communisme, on entendait
ce slogan: ’Nous voulons vivre dans l’amour et la vérité’. Plus rien de cela aujourd’hui, notamment pour les valeurs morales et spirituelles. C’est
un vrai désastre, l’hérédité du passé agit».
La désillusion touche aussi les jeunes. «Les jeunes ont été les protagonistes de la révolution, mais ils ont perdu la voie de l’enthousiasme. Certes une partie d’entre eux a pris conscience des valeurs, mais la masse ne
se sent plus concernée par les enjeux qui marquent le pays.» Pour le cardinal, les principes d’amour et d’humanisme sont rejetés au profit de la haine et de l’égoïsme semés par le nazisme et aggravés par le communisme.
(apic/jmg/mp)
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