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Berne: 1ere session du Tribunal permanent des peuples sur l’ex-Yougoslavie

La paix par la vérité et la justice (190295)

Berne, 19février(APIC) En tenant une session à Berne sur la crise en exYougoslavie, le Tribunal permanent des peules entend apporter un peu plus

d’objectivité à l’analyse du conflit qui secoue les Balkans depuis trois

ans. La paix ne peut se faire que dans la vérité et la justice. Les guerres

ont des causes et il faut les nommer, relève-t-on.

L’organisation mise en place à Berne est imposante. Un étage entier d’un

grand hôtel de la place a été réservé et cinq salles de sessions ont été

retenues. Dans la salle principale pouvant accueillir 200 personnes, siègent les six « juges » provenant de Cisjordanie, d’Egypte, d’Algérie, d’Espagne, de Suède et de Suisse, accompagné de six conseillers. Les séances consistent essentiellement dans l’audition de témoins, médecins, responsables

d’organisations humanitaires, membres de groupe de défense des droits de

l’homme, ainsi que des représentants des parties en conflit.

Les auditions sont complètées par une série d’exposés et de tables-rondes. Toute la session bénéficie de la traduction simultanée en quatre

langues. Quelque 160 personnes, membres d’une trentaine d’oeuvres d’entraide et d’Eglises, ont pris part à cette première session sur l’ex-Yougoslavie, une seconde devant se tenir à Barcelone.

Gianni Tognini, secrétaire permanent du Tribunal des peuples, dont le

siège est à Rome, rappelle que les jugements prononcés par cet organe – à

la différence de de ceux tribunaux institués par exemple par l’ONU – ne

sont pas juridiquement impératifs et ne peuvent condamner des individus. Le

Tribunal se veut un forum des peuples opprimés, capable d’attirer l’attention de la communauté internationale et de l’opinion publique sur des situations données.

Heidi Rudolf, membre suisse du comité du Tribunal des peuples, sait que

les jugements portés n’auront probablement aucune influence directe sur

l’évolution dans les Balkans. « Mais je constate dans les contacts avec les

différentes parties en guerre, que dire la vérité est très important, pour

les agresseurs, comme pour les victimes », explique-t-il. Ces éléments peuvent être déterminants pour l’avenir.

Mise en garde contre le cynisme

Christine von Kohl, spécialiste autrichienne de l’Europe de l’Est, met

en garde les gouvernements contre un certain cynisme qui consiste par exemple à payer les Serbes pour permettre le renvoi dans leur pays d’Albanais

du Kosovo ayant cherché refuge en Europe occidentale. Contre le danger des

abus de vocabulaire. Ainsi au Kosovo, le terme « cliniques privées » désigne

des médécins albanais obligés de recevoir des patients dans des maisons

privées, parce qu’ils ont été chassés des hôpitaux.

Le Tribunal n’entend pas tout peindre en noir, mais chercher à déterminer quel rôle les Serbes et les autres communautés ont joué dans l’extension et le prolongement du conflit, explique Heidi Rudolf. L’analyse du rôle des médias, agendée à Berne, a été renvoyée à une prochaine séance faute

de temps pour l’aborder. (apic/gs/mp)

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