apic/Karrer/Théologiens pastoraux/Affaire Gaillot
Révocation de Mgr Gaillot: La Conférence des théologiens (160295)
pastoraux de langue allemande critique la procédure vaticane
Il manque dans l’Eglise une instance d’arbitrage
Mayence/Fribourg, 16février(APIC) La Conférence des théologiens pastoraux
de langue allemande, présidée par le professeur Leo Karrer, de l’Université
de Fribourg, proteste à son tour contre la destitution par le Vatican de
l’évêque d’Evreux, Mgr Jacques Gaillot. Une telle mesure, estime-t-elle, a
une signification qui dépasse le diocèse d’Evreux et l’Eglise de France,
car elle concerne la compréhension qu’a l’Eglise d’elle-même et sa réputation dans la société.
Dans un communiqué publié jeudi par le Conseil de l’organisation, qui
rassemble des théologiens germanophones de plusieurs nationalités, les professeurs de pastorale déclarent partager le souci du bien précieux que représente l’unité de l’Eglise et savoir combien il est difficile de l’assumer à l’époque actuelle. A leurs yeux, l’unité de l’Eglise, du point de vue
humain, ne peut être obtenue par la force; elle ne peut être qu’un cadeau
de l’Esprit saint.
En ayant confiance en l’action de l’Esprit saint, «l’Eglise peut être un
espace ouvert aux opinions controversées et au pluralisme théologique». Les
signataires soulignent encore que c’est la tâche des autorités de l’Eglise
de servir de médiateurs dans les conflits. Et c’est justement en rendant
possible un dialogue respectueux que se manifeste le service de l’unité.
La grave décision d’éloigner un évêque de son diocèse n’exige pas seulement la plus grande transparence possible en matière de procédure, mais
également des motifs clairs. Ces deux aspects font défaut dans le communiqué romain. Dans l’affaire Gaillot, notent les signataires, on s’aperçoit
une fois de plus qu’il manque dans l’Eglise une instance d’arbitrage qui
protège le droit de la personne, ainsi que des formes institutionnalisées
de participation du peuple de Dieu.
Quid des autres diocèses où existe une rupture entre évêque et fidèles?
La destitution de Mgr Gaillot avait pour but déclaré de restaurer l’unité de l’Eglise. Si l’on considère la situation d’autres diocèses, dans lesquels menace une rupture entre l’évêque et de grandes portions du peuple de
Dieu, écrivent les théologiens pastoraux, l’on peut se demander si dans le
cas de Mgr Gaillot, l’argument de la mise en danger de l’unité ne cache pas
d’autres divergences concernant la voie que l’Eglise doit emprunter.
Dans l’opinion publique, le nom de Mgr Gaillot signifie l’engagement de
l’Eglise en faveur des défavorisés. Sa révocation va renforcer la fausse
idée selon laquelle un engagement de type non conventionnel pour les pauvres et les exclus de la société n’est pas souhaitable aujourd’hui dans
l’Eglise. Concluant par l’expression de Mgr Gaillot, «une Eglise qui ne
sert pas, ne sert à rien», les signataires de la lettre ouverte estiment
que l’avenir de l’Eglise dépendra pour une grande part de sa capacité à devenir également une Eglise pour les sans-droits. (apic/com/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/apic-karrer-theologiens-pastoraux-affaire-gaillot/