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Delémont: Conférence de Michel Legrain (160295)

Les personnes remariées, des chrétiens parmi d’autres

Delémont, 16février(APIC) Michel Legrain, professeur de théologie morale

et de droit canonique fait le point sur le remariage dans l’Eglise

catholique. «Parce qu’ils vivent en couple à l’intérieur d’un mariage

qu’elle ne reconnaît pas, l’Eglise catholique prive des sacrements de

pénitence et d’eucharistie toutes les personnes remariées après un

divorce», souligne le Père Legrain.

La doctrine morale de l’Eglise catholique est sans appel; aucun

déploiement de la vie sexuelle n’est acceptable hors du mariage reconnu

ecclésialement. Cela signifie que même lorsqu’ils ont pris toute les

mesures pour que leur remariage porte les meilleurs fruits, les chrétiens

remariés après un divorce sont confrontés aux réticences de leur propre

Eglise. Cela signifie aussi qu’une personne célibataire qui épouse une

personne divorcée se met dans la même situation. Que faire dans pareil cas?

Les communautés travaillent-elles à améliorer une telle situation de

souffrance?

Oser affronter les Ecritures

Le Père Legrain, professeur à l’Institut catholique de Paris, de passage

à Delémont et invité par le centre Saint-François, a interpellé les

chrétiens: «Osez affronter l’Ecriture, les expériences, afin de vous faire

votre propre opinion. Puis, diffusez cette opinion et créez ainsi une mentalité favorable au réexamen de la question dans l’Eglise catholique». Aux

prêtres, à tous ceux qui accompagnent des personnes vers le remariage, il

précise: «Travaillez à informer vos communautés sur des évolutions possibles. Souvent, on se crispe parce qu’on adopte l’attitude du fils aîné dans

la Parabole de l’enfant prodigue. On peut aussi réfléchir et accueillir

l’enfant progigue sans être soi-même destructuré. Ca n’est pas parce qu’on

a raté sa vie nuptiale que l’on ne doit pas aller communier. En effet, le

lien entre le baptême et l’Eucharistie est plus fort et plus important que

le lien entre le mariage et l’Eucharistie».

Auteur de nombreux ouvrages sur le divorce, le mariage et le remariage,

Michel Legrain a brossé un historique du remariage dans les différentes

Eglises chrétiennes. Il a notamment rappelé qu’au troisième siècle déjà, on

repère un double courant à l’égard des chrétiens remariés. Un courant de

sévérité basé sur l’indissolubilité du mariage et un courant plus indulgent

admettant le remariage.

Il faudra attendre le XIIè siècle pour que la doctrine latine soit fixée: le remariage ne sera plus autorisé sous aucun prétexte dans l’Eglise

catholique. Une doctrine que les orthodoxes et plus tard les Réformés tiendront pour trop raide. Pour Michel Legrain, personne n’envisage gaiement la

rupture d’un mariage. Comment dès lors porter et aider à porter une situation d’irrégularité? Un projet de remariage demande du temps. Le Père Legrain a insisté sur l’accompagnement pastoral: «il est tout aussi important

pour une seconde mise en couple que pour le premier mariage». Et sur le

fait que les fidèles doivent se mettre en marche pour changer la mentalité

de l’Eglise. «Nous ne supportons plus que nos frères et soeurs en situation

de remariage soient privés de l’aide des sacrements. Dans ce sens, ne serait-ce pas aux instances pastorales diocésaines de réfléchir sur ce problème plutôt qu’aux spécialistes du droit canon?». (apic/sic/eb)

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