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Mexique: Le réseau «Kairos» craint un nettoyage du Chiapas par l’armée
Des conseillers militaires étrangers aux côtés de l’armée mexicaine
Mexico, 15février(APIC) Le réseau de solidarité «Kairos» craint un nettoyage du Chiapas par l’armée mexicaine, et dénonce l’implication, aux côtés des forces gouvernementales, de conseillers militaires d’Argentine, du
Chili, d’Israël et des Etats-Unis, pour venir à bout de la rébellion de
l’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale). L’offensive de l’armée
dans le Chiapas, dans une zone interdite d’accès aux journalistes, affirme
«Kairos», pourrait bien mettre en grave danger les indigènes et les paysans
de la région la plus pauvre du Mexique.
Le Centre Fray Bartolomé de las Casas, à San Cristobal, dans le Chiapas
mexicain, qui milite en faveur des droits de l’homme, craint pour sa part
que la décision du président Ernesto Zedillo ne privilégie l’option de la
répression au détriment des négociations de paix pourtant engagées. Cette
option, dit-on, pourrait déclencher une nouvelle flambée de violence fratricide contre la population du Chiapas, et spécialement contre la population indigène et paysanne.
Selon «Kairos», un réseau d’organisations non-gouvernementales et de
mouvements chrétiens, cette crainte est d’autant plus légitime que les opérations militaires actuellement menées dans le Chiapas pourraient être largement occultées: «Le droit à l’information consacré par la Constitution
mexicaine est entravé». «Kairos» redoute que les forces armées ne se livrent aux pires exactions à l’abri des regards: «Les journalistes sont interdits d’accès à la zone d’influence de la guérilla».
L’appel à la paix de Mgr Ruiz
De son côté, la Commission nationale mexicaine de conciliation (CONAI),
présidée par Mgr Samuel Ruiz Garcia, évêque de San Cristobal de las Casas,
lance un appel aux forces sociales et politiques du Mexique, les invitant à
promouvoir les conditions qui éloigneraient le danger de la guerre et à
rendre possible la construction de la paix, «dans la justice et la dignité».
Si les observateurs s’interrogent encore sur le pourquoi des «révélations» réactualisées du cardinal Juan Sandoval Iniguez à propos des pressions vaticanes exercées sur Mgr Ruiz – révélations, insiste-t-on, qui ont
précédé de quelques jours le torpillage des négociations de paix -, force
est de constater les avis divergents de certains évêques mexicains sur
l’intervention armée. Pour l’évêque de Tuxla Gutierrez, Mgr Felipe Aguirre
Franco, membre de la Commission formée par la Conférence épiscopale mexicaine pour appuyer les efforts de paix, la proclamation du président Zedillo pourrait bien entraîner une chasse aux sorcières et dégénérer en un nouvel affrontement armé.
Des dollars «contre le sang mexicain»
Un avis que ne partage pas l’évêque émérite de Papantla, Mgr Genaro Alamilla Arteaga. Ce dernier loue «l’énergie du président Zedillo» et fait remarquer qu’il n’y a pas d’autre alternative que celle de faire intervenir
l’armée: «Aucun groupe ne peut être au-dessus de la loi et la violer en
permanence». Faisant fi des nombreuses accusations portées contre l’armée
mexicaine en matière de violation des droits de l’homme, l’évêque émérite
relève «que l’intervention de l’armée ne signifie pas nécessairement l’usage de la force».
Le réseau «Kairos», qui dénonce l’arrestation arbitraire de Jorge Santiago, membre d’une ONG impliqué en faveur de la promotion et du développement de la culture civique, proche de Mgr Ruiz et membre de la Commission
nationale de conciliation, regrette que la décision du président Zedillo
soit motivée par des engagements financiers vis-à-vis de l’étranger: «En
échange des dollars, on a offert le sang mexicain. Selon «Kairos», des militaires étrangers participent actuellement aux opération aux côtés de
l’armée. Et de citer l’implication de conseillers militaires d’Argentine,
du Chili, d’Israël et des Etats-Unis. (apic/com/pr)
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