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Laos: La répression s’intensifie (150295)
contre les chrétiens des minorités ethniques
Mort d’un pasteur dans les circonstances inexpliquées
15février(APIC) Divers rapports, depuis octobre 1994, font état d’une
répression accrue contre les chrétiens évangélistes des minorités hmong et
khmu, au Laos. Un pasteur est mort dans des circonstances qui n’ont pas été
élucidées, alors qu’il était détenu par la police. Dans deux provinces au
moins, des membres de l’Eglise évangéliste ont été forcés par les autorités
de renier leur foi chrétienne.
Les représentants de l’Eglise évangéliste laotienne ont été informés par
les autorités à la mi-décembre 1994 de la mort en détention d’un pasteur de
la province de Luang Prabang. La date et les circonstances de sa mort ne
sont pas connues, mais le pasteur n’avait pas été revu depuis juin 1994. En
mai 1994, le pasteur était passé illégalement dans un camp de réfugiés sur
le territoire thaïlandais pour y tenir une réunion avec d’autres chrétiens.
A son retour au Laos, il a été arrêté et on est resté sans nouvelles de lui
jusqu’à l’annonce de sa mort.
Un autre pasteur de Luang Prabang a été arrêté en novembre 1994 et
condamné à six mois de prison pour avoir coupé sans permission des arbres
plantés sur sa propriété. Selon des sources ecclésiastiques, le véritable
motif de son arrestation était sa position d’influente dans l’Eglise.
Les autorités de Prabang ont commencé, depuis novembre 1994, à organiser
des séminaires dans les villages pour «informer» la population. Les gens
ont le droit d’appartenir à une religion à condition que «cela ne cause pas
de divisions». Cependant, quand ces séminaires sont organisés dans les villages à majorité chrétienne, les autorités accusent les gens d’être dans
l’erreur et les forcent à signer un document dans lequel ils disent renoncer à leur foi chrétienne et quitter l’Eglise. Des habitants ayant refusé
de signer, les autorités ont fait assiéger un village par l’armée pour empêcher quiconque de quitter les lieux sans avoir signé le document. On
estime à environ quatre mille le nombre des chrétiens évangélistes dans la
région de Luang Prabang.
Les mêmes procédés ont été utilisés dans la province de Saybuly en
novembre 1994, et beaucoup de chrétiens hmong et khmu auraient aussi été
forcés de renier leur foi chrétienne. Dans la province centrale de Xieng
Khuang, une femme hmong de Phonsavan a été forcée, par les autorités
locales, à vendre sa maison après qu’elle eut été utilisée comme lieu de
culte d’une assemblée chrétienne. Le pasteur du lieu s’est enfui de la
région. Cinq familles chrétiennes hmong originaires du Vietnam ont été
obligées de quitter Phonsavan et de regagner le Vietnam contre leur
volonté.
Les représentants de l’Eglise évangéliste laotienne ont protesté auprès
du ministre des Affaires religieuses à Vientiane contre les violations de
la liberté religieuse. Le gouvernement laotien n’a pas encore réagi.
Il est difficile d’éclaircir les véritables raisons de ces nouvelles
restrictions religieuses. En 1994, le gouvernement laotien a mené de pair
une politique de réforme économique et un contrôle politique accru de tous
les secteurs de la société. Les ONG étrangères, chrétiennes en
particullier, se plaignent d’une surveillance plus stricte de leurs
activités.
Les Eglises de la région de Vientiane ne semblent pas être affectées par
cette vague répressive. (apic/eda/eb)
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