Kenya: Les Eglises kényennes prennent la défense (130295)
Nairobi, 13février(APIC) Des ecclésiastiques et des politiciens de
l’opposition kényens ont pris la défense d’un évêque anglican respecté,
accusé de propager la rumeur d’un complot qui viserait à renverser le
gouvernement kényen.
Une déclaration du gouvernement, lue à la radio et la télévision,
associe en effet le nom de David Gitari, responsable intérimaire de
l’Eglise anglicane et doyen de la province anglicane du Kenya, au Mouvement
du 18 février de John Odongo (FEM), basé en Ouganda, et à sa branche
militaire, l’Armée de résistance populaire du 18 février (FERA).
D’autres noms sont cités dans la déclaration du gouvernement: entre
autres ceux d’un politicien de l’opposition, Paul Muite, et d’un
journaliste du journal Daily Nation.
Selon cette déclaration, l’évêque Gitari, qui a aussitôt démenti
l’information, et d’autres, auraient joué un rôle-clé dans la propagation
d’une rumeur de complot politique.
«J’ai fait une prédication dans laquelle je m’élevais vigoureusement
contre l’anarchie, et je suis devenu l’objet d’attaques virulentes, et
c’est pourquoi il ne saurait être question de parler d’une association avec
des criminels», a souligné l’évêque Gitari, qui s’est déclaré prêt à
continuer de soutenir le gouvernement pour tout ce qui est vrai, noble et
juste.
Le Conseil national des Eglises du Kenya (NCCK) a vivement condamné la
déclaration du gouvernent produite peu après la prédication de l’évêque
Gitari sur des rumeurs concernant la santé du président Daniel arap Moi.
Pour le secrétaire général du NCCK, Mutava Musyimi, les accusations
portées contre l’évêque anglican sont sans fondement. De l’avis de
responsables catholiques romains et anglicans, cette déclaration semble
avoir pour but de provoquer des conflits tribaux pour détourner l’attention
des citoyens d’autres problèmes plus importants.
Au journaliste d’ENI qui lui demandait pourquoi le gouvernement portait
de telles accusations contre l’évêque Gitari, le secrétaire général du NCCK
a répondu: «Je voudrais bien le savoir».
Selon l’ambassadeur danois en poste à Nairobi, Henning Kjeldgaard,
l’évêque Gitari est une personne digne de foi qui ne collaborerait pas avec
des éléments extérieurs pour provoquer le chaos.
Dans sa prédication, l’évêque Gitari avait dit que les gens devaient
savoir la vérité sur les rumeurs concernant la santé du président Daniel
arap Moi. Ces rumeurs, bien connues à Nairobi, n’ont pas été mentionnées
par les médias kényens.
«Les gens doivent savoir la vérité, en particulier sur tout ce qui les
concerne, pour faire taire les rumeurs», avait alors déclaré l’évêque.
Après ces remarques, Charles Njongo, qui fut procureur général, a
rappelé qu’il était «interdit et illégal de faire des spéculations sur la
santé et la mort d’un président, et que cela pouvait entraîner une
condamnation à la peine de mort.»
La déclaration du gouvernement a été lue trois jours après l’apparition
en public, le 31 janvier, du président Daniel arap Moi – après un silence
d’une semaine – pour rassurer les citoyens sur sa santé.
Les politiciens de l’opposition reconnaissent, comme les
ecclésiastiques, que le gouvernement cherche à atteindre ses détracteurs,
afin de couvrir une crise de succession qui secoue le parti au pouvoir,
l’Union nationale africaine du Kenya (KANU).
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