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Fribourg: obsèques du Père Innocent-Jozef Bochenski (120295)

«J’ai été heureux presque toute ma vie»

Fribourg, 12février(APIC) Avec le goût de l’organisation et de l’exactitude qui était le sien, le Père Bochenski avait, dès 1957, rédigé sa propre

nécrologie, a relevé le Père Guy Bedouelle, supérieur des dominicains de

l’Albertinum, lors de la messe de funérailles du célèbre religieux polonais

décédé le 8 février, à l’âge de 92 ans.

Cet exercice ne visait pas tant à vanter ses propres mérites, qu’à être

utile pour les survivants, en particulier le corps professoral de l’Université de Fribourg et la communauté des dominicains. Et le Père Bochenski

d’avouer alors dans ce texte: «J’ai été heureux presque toute ma vie, en

particulier à l’Albertinum, à Fribourg».

La communauté universitaire, celle des dominicains et celle des Polonais

étaient réunies samedi à l’église du collège St-Michel pour exprimer leur

reconnaissance au professeur, au confrère, au compatriote, à l’ami. Le pape

Wojtyla s’est également joint «affectueusement» à la célébration, a travers

un message de condoléances lu par Mgr Amédée Grab, évêque auxiliaire à Genève, qui a présidé la cérémonie entouré d’une quarantaine de prêtres.

Au cours de ses 92 ans de vie, dont 66 de vie religieuse et 54 de sacerdoce, le Père Bochenski a reçu de nombreux éloges lors de remise de distinctions universitaires, nationales ou internationales, a remarqué le Père

Bedouelle. La dernière et la plus émouvante eut lieu le 24 octobre 1994,

lorsque l’ambassadeur de Pologne lui a conféré les insignes de membre

étranger de l’Académie polonaise des sciences. «Ce fut une victoire de

l’esprit sur le corps défaillant». Et le Père Bedouelle de rappeler les autres «cérémonies» humbles et pauvres des derniers temps de la vie du Père

Bochenski, celle de la toilette, du repas, de la communion quotidienne, du

sacrement des malades.

Pour ce dernier adieu, il faut bannir tout esprit mondain, a insisté le

supérieur des dominicains, mais confier à Dieu les infidélités, les duretés

du défunt, mais sutout ce qui était bon et noble en lui. Le courage du dominicain luttant pour la vérité contre l’idéologie du mensonge, le courage

du médiateur de l’occupation de l’ambassade de Pologne en 1982 à Berne.

Les autorités cantonales et universitaires fribourgeoises ont également

souligné par leur présence la reconnaissance qu’elles doivent au Père Bochenski, devenu au fil de ses 50 ans de séjour une vraie «institution» de

Fribourg.

La Pologne n’a pas manqué de rendre hommage à celui qui chaque jour

remerciait Dieu de l’avoir fait naître Polonais. Une délégation officielle

accompagnée de deux jeunes militaires rappelait la carrière du Père Bochenski comme aumônier de la campagne d’Italie en 1943-45. Mais surtout les

amis polonais de Suisse étaient venus nombreux pour cet adieu, sous l’oeil

des caméras de la télévision polonaise qui avait envoyé une équipe à Fribourg.

Le Père Bochenski est devenu une légende au sens propre du terme, a conclu le représentant des dominicains de Pologne. «C’est-à-dire ce qu’on

doit lire, ce qu’on doit savoir. Un maître de sagesse dont l’expérience ne

peut que nous enrichir». (apic/mp)

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