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Brésil: Composition politique des nouveaux parlementaires (120295)

Deux femmes issues du «petit peuple» élues au Sénat

Brasilia, 12février(APIC) Les 513 députés (dont 32 femmes) et 81 sénateurs (dont 5 femmes) de la nouvelle législature viennent d’inaugurer leurs

fonctions à Brasilia. Par rapport au passé, les observateurs politiques

notent une légère augmentation de parlementaires dits «de gauche», bien que

la nomination des présidents du Sénat et de la Chambre des députés dénotent

une tendance contraire. Parmi les cinq femmes élues au Sénat, deux se distinguent par leur volonté d’être fidèles «au petit peuple» dont elles sont

issues.

José Sarney, ex-président de la République, élu sénateur pour l’Etat

d’Amapa, a été choisi pour présider le Sénat. Le député Luis Eduardo Magalhaes dirige la Chambre des députés. Aux yeux des observateurs, deux nominations qui ne reflètent guère l’élan nouveau annoncé lors de la campagne

électorale menée par le président Fernando Henrique Cardoso. Eduardo Magalhaes est le fils de l’influent Antônio Carlos Magalhaes, actuellement sénateur de Bahia, ancien gouverneur du même Etat. Ministre de la Communication

dand le gouvernement Sarney, il offrait, de concert avec son président, des

radios et télévisions locales à des députés à condition qu’ils votent la

prolongation d’une année du mandat présidentiel. Une récente interview de

José Sarney faite au journal «Folha da Tarde», de Sao Paulo, a choqué une

partie de l’opinion. L’actuel président du Sénat, a en effet déclaré: «Le

gouvernement brésilien, c’est comme un violon. Tu le prends avec la main

gauche, mais tu joues avec la main droite!».

Analysant le profil politique de la nouvelle Chambre des députés, le département intersyndical d’Aide parlementaire (DIAP) estime que les dernières élections ont permis un léger accroissement du nombre de parlementaires

de gauche, mais aussi, semble-t-il, un plus grand nombre de partisans des

thèses économiques néo-libérales, camouflés parfois sous l’étiquette de députés «sociaux-démocrates».

Deux femmes parlementaires issues du peuple pauvre

Parmi les cinq femmes élues au Sénat, deux d’entre elles ont parcouru un

chemin politique encore inédit au Brésil.

Benedita da Silva, 50 ans, une Noire, représentante de l’Etat de Rio de

Janeiro, du Parti des travailleurs (PT), a connu une enfance difficile. Elle est née dans une favela de la grande ville. Dès son jeune âge, elle vendait des citrons dans la rue ou cirait les chaussures des passants pour

survivre. Connaisant bien la vie de la favela, souffrant concrètement de la

pauvreté de sa famille et de ses voisins, elle s’est lançée rapidement dans

les mouvements associatifs et revendicatifs de son quartier. Elue d’abord

conseillère communale, puis il y a 5 ans, députée fédérale, elle a reçu

l’appui de nombreux citoyens noirs pour accéder au Sénat. Dans un pays où

les préjugés raciaux demeurent forts, la promotion politique de cette femme

noire, descendante des esclaves africains, est un symbole éclatant de son

combat contre la discrimination raciale. Elle lutte aussi pour un développement économique lié à la justice sociale et continue à revendiquer une

égalité – encore loin d’être acquise – entre Noirs et Blancs.

Une autre femme du PT, Marina Silva, a été élue au Sénat lors des dernières élections. Représentante de l’Etat d’Acre en Amazonie, elle a eu

également une enfance très pauvre. Née sur une maison au bord du fleuve

Amazone, elle fut d’abord domestique dans une famille plus aisée que la

sienne, puis a travaillé à la récolte du caoutchouc dans les plantations

d’hévéas. Elue conseillère communale, députée de son Etat, la voici maintenant au Sénat de la République.

En faveur d’une Amazonie écologique

Avant d’entrer en politique, elle passa quelque temps dans un couvent de

religieuses, puis en lien avec les communautés de base de l’Eglise catholique, elle fut active dans le syndicat des institutrices de l’école primaire. Avec le célèbre défenseur de l’Amazonie, Chico Mendes, elle organisa

des manifestations contre les coupes de bois dévastatrices de la grande forêt. Son action politique se veut d’abord au service de la défense des exclus et pour la participation des citoyens dans le développement écologique

de l’Amazonie, très menacée, à ses yeux, par les méthodes des grandes compagnies nationales et internationales. (apic/em/ba)

parlementaires de droite. La

tendance indique une

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