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Belgique: Bilan de Mgr Vangheluwe, évêque de Bruges depuis 10 ans (120295)
«Beaucoup ont besoin d’être fortifiés dans leur foi»
Bruges, 12février(APIC/CIP) «De plus en plus de jeunes et d’adultes cherchent une réponse religieuse aux grandes questions de l’existence. Si on
leur propose quelque chose de sérieux, ils sont preneurs». Cette affirmation est faite, au terme de dix années d’épiscopat, par Mgr Roger Vangheluwe, évêque de Bruges. Il porte un regard tout en nuances sur ces années,
mais aussi sur l’avenir de l’Eglise, dans son diocèse et au-delà.
Répondant aux questions de l’agence catholique belge CIP, Mgr Vangheluwe
se dit convaincu que l’évêque doit être quelqu’un qui précède dans la foi.
«Les gens attendent certes de l’évêque qu’il les confirme et les encourage,
mais je sais aussi que beaucoup ont besoin que l’évêque leur annonce la Parole», dit-il. Et quand on lui parle d’un recul de la foi sous la poussée
de la sécularisation, il répond: «Qui peut prendre la mesure de la foi ?
Nous ne pouvons percevoir que des expressions extérieures de la foi dans la
vie quotidienne. Bien sûr, on en voit moins. Mais, à divers moments, on
voit aussi que, des profondeurs de l’être humain, s’exprime une véritable
soif de Dieu».
Si «beaucoup ont l’impression de ne pas trouver assez de soutien dans le
Christ et dans l’Eglise et estiment devoir chercher Dieu ailleurs», une explication possible à cela est que l’être humain cherche volontiers une foi
païenne parce que la foi chrétienne engage trop sa vie, explique Mgr Vangheluwe: «L’homme d’aujourd’hui hésite devant les exigences du Christ; il
préfère chercher un Dieu qui lui apaise la conscience et le laisse tranquille ! Une autre explication tient aux images négatives que l’on se fait
aujourd’hui de nombre d’institutions, en particulier de l’Eglise.» Il faut
donc saisir les occasions de parler de la foi, répond l’évêque, proposer
plus clairement et avec plus d’insistance des lieux d’approfondissement de
la foi. «Je rencontre, dit-il, de plus en plus de jeunes et d’adultes qui
cherchent une réponse religieuse aux grandes questions de l’existence. Si
on leur propose quelque chose de sérieux, ils sont preneurs».
Des questions que les médias trouvent importantes
Mgr Vangheluwe ne croit pas que les déclarations récentes du magistère
sur le ministère sacerdotal, sur les divorcés remariés ou encore la révocation de Mgr Gaillot vont précipiter un recul de l’attachement à l’Eglise.
«Aucune déclaration récente n’a suscité autant de protestations que l’encyclique «Humanae Vitae» en 1968, dit-il. Les dernières prises de position
ont plutôt confirmé les gens dans ce qu’ils pensaient déjà. Le recul de
l’adhésion à l’Eglise s’inscrit dans une évolution de plusieurs années. Le
problème est qu’il y a des domaines auxquels les médias attachent beaucoup
d’importance. Je reviens d’un voyage en Inde et de là-bas, à en croire la
presse, on avait l’impression que la Belgique était au bord du gouffre à
cause des Fourons. C’est un peu la même chose à propos de l’Eglise : ceux
qui font l’opinion publique s’accrochent à quelques figures contestataires,
mais ce n’est pas cela qui tient en éveil les fidèles ordinaires».
Visite du pape
De la prochaine venue du pape, l’évêque attend un stimulant. «Il y aura
sans doute des critiques et peut-être même des manifestations, mais je présume qu’elles resteront limitées, dit-il. D’ailleurs, la visite du pape
cette année sera tout autre qu’il y a dix ans. Cette fois, il ne s’agit pas
d’abord du pape, mais du Père Damien qui va être béatifié par le pape. Cet
événement devrait plutôt stimuler l’Eglise en vue d’une attention accrue
aux personnes dans le besoin. En ce qui concerne mon diocèse, je compte
bien, à l’avenir, mettre davantage l’accent sur le souci des pauvres, des
réfugiés, des sans abri, des sidéens, des malades, des victimes de la route
ou de la drogue… En plus, la béatification du Père Damien viendra à point
pour stimuler la préparation du jubilé de l’an 2000 !»
Université catholique et morale de l’Eglise
En tant que membre du pouvoir organisateur de l’Université catholique de
Louvain, Mgr Vangheluwe s’exprime sur le conflit délicat à gérer, dans une
université catholique, entre la recherche scientifique à promouvoir et les
impératifs éthiques. Si des expérimentations sur les embyrons «ne se feront
jamais à Louvain», note-t-il, les professeurs de l’Université catholique ne
sont guère opposés à la procréation médicalement assistée, avec fécondation
en éprouvette, contrairement aux documents du magistère. «Ce peut être une
source de tensions, ajoute- t-il. Chacun en est conscient: à l’Université,
chez les évêques et au Vatican.
Les évêques n’hésitent pas à demander ce qu’on fait à Louvain dans tel
et tel cas. Le dialogue permet de trouver un «modus vivendi». Dieu merci,
les divergences n’ont jamais été graves au point que nous aurions dû retirer à la l’Université de Louvain son étiquette catholique. Etre catholique,
pour une université, comporte donc des avantages et des inconvénients. Une
université peut se sentir contrainte dans sa recherche par la tradition
catholique, mais elle trouve dans cette tradition une grande fécondité de
pensée». (apic/cip/ba)
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