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Rome: Jean Paul II reçoit les juges de la Rote romaine
«La conscience ne peut prétendre à édicter la loi» (100295)
Rome, 10février(APIC/CIP) Le pape Jean Paul II s’est adressé vendredi 10
février aux juges de la Rote romaine, pour leur souligner que la conscience
ne peut prétendre à édicter la loi. Jean Paul II a ainsi donné deux consignes aux juges de ce tribunal qu’il a reçu en audience: mieux respecter les
procédures du droit canon et ne pas favoriser la conscience individuelle au
détriment des faits objectifs.
Les juges de la Rote – au nombre de douze – tranchent dans les cas juridiques les plus difficiles, entre autres les déclarations de nullité de mariage, qui sont soumises aux tribunaux ecclésiastiques. En général, quand
une affaire est trop complexe ou trop délicate pour être jugée dans un diocèse, elle remonte en effet au Tribunal de la Rote, dont le pape reçoit les
membres au début de chaque année pour inaugurer avec eux l’année judiciaire. L’occasion pour lui de livrer des directives, dont les accents révèlent
les problèmes majeurs rencontrés par l’ensemble des tribunaux de l’Eglise.
Le premier point sur lequel Jean-Paul II a insisté vendredi est la vision de l’homme qui sous-tend la justice rendue. Encore une fois, le pape
s’est élevé contre «certains courants de la psychologie contemporaine qui
outrepassent leur compétence, avec des présupposés qui ne sont pas conciliables avec l’anthropologie chrétienne» et qui sont fermés aux valeurs de
la transcendance de l’homme.
Conséquences inadmissibles
Selon le pape, il en résulte des conséquences inadmissibles qui ont des
répercussions négatives sur l’administration de la justice, et particulièrement, de façon plus grave encore, sur le traitement des causes de nullité
de mariage. Pour Jean-Paul II, «seule une anthropologie chrétienne offre
une vision complète et réaliste de l’homme».
Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas recourir aux données de la médecine, de la psychologie et de la psychiatrie, a précisé Jean-Paul II, mais
cet examen ne doit pas conduire à une «vision réductrice de l’homme», car,
a-t-il dit, l’homme est précisément capable de se dépasser. Ainsi, «un acte
aberrant par rapport à la norme ou à la loi objective, moralement condamnable, doit être considéré comme tel. S’il est vrai que l’homme doit agir en
conformité avec le jugement de sa propre conscience, il est vrai également
que le jugement de sa conscience ne peut prétendre à édicter la loi. Il ne
peut que la reconnaître et l’admettre».
En deuxième lieu, sur plusieurs aspects techniques de la procédure, le
pape a rappelé qu’il est important de respecter les normes du droit canon:
«On aura soin, dans l’action concrète, d’éviter des réponses et des solutions fondées sur le for interne pour des situations qui sont peut-être
difficiles, mais qui ne peuvent pour autant être affrontées en dehors des
normes du droit canon. Les pasteurs doivent en tenir compte dans leurs
éventuelles tentations de prendre des distances avec la substance des procédures stabilisées et confirmées par le droit canon». (apic/cip/pr)
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