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France: Le cardinal Coffy, archevêque de Marseille: (090295)

l’évêque n’est pas l’évêque des exclus !

Paris, 9février(APIC) Au cours de ces dernières semaines, on a beaucoup

parlé de «l’évêque des exclus», de «l’évêque des sans domicile fixe», de

«l’évêque de tous». Ces expressions traduisent un souci missionnaire

évident, mais ne sont pas sans ambiguïté, rappelle le cardinal Robert

Coffy, archevêque de Marseille.

Dans une note, que vient de diffuser le service Information de la

conférence épiscopale, le cardinal Coffy se réfère au Concile Vatican II

pour en rappeler deux grandes affirmations. La première est que l’évêque

est membre d’un collège épiscopal et que dès lors «les évêques doivent se

savoir unis entre eux et se montrer soucieux de toutes les Eglises» (décret

sur la charge pastorale des évêques, n. 6).

L’évêque, commente Mgr Coffy, «n’est pas chargé de faire appliquer des

’notes de service qu’il recevrait de Rome ou du secrétariat de l’épiscopat,

mais d’exercer sa charge dans la communion aux autres évêques, sous

l’autorité de l’évêque de Rome, ministre de la communion». Quant au souci

des autres Eglises, qui s’exerce à différents niveaux et de différentes

manières, l’archevêque de Marseille se contente de relever que les réunions

des évêques au plan régional et national et leurs visites à Rome tous les

cinq ans «sont pour chaque évêque, des lieux où se vérifient la communion

et leur participation à la vie des autres Eglises».

Autre grande affirmation du Concile: membre du collège épiscopal,

l’évêque se voit confier la charge d’une Eglise particulière. Mais ce n’est

pas par hasard, écrit Mgr Coffy, que le Concile note en premier

l’appartenance au collège épiscopal, qui marque l’insertion visible d’un

diocèse dans l’Eglise universelle et fait que ce diocèse est présence de

l’Eglise du Christ dans «cette portion du peuple de Dieu». Avec l’aide de

son presbytérium, l’évêque est pasteur, au nom du Christ, de cette Eglise

et il exerce la charge d’enseigner, de sanctifier et de gouverner.

Pas évêque de tous, mais pour tous

L’évêque n’est donc pas l’évêque de tous: non-croyants, croyants, nonchrétiens, chrétiens catholiques, précise le cardinal de Marseille. «Le

présenter tel, n’est-ce pas récupérer ceux qui sont incroyants ou ont fait

un choix religieux différent? N’est-ce pas manquer de respect envers

l’autre? demande-t-il. Cependant, ajoute-t-il, l’évêque est «pasteur d’une

Eglise qui participe au mouvement oecuménique et qui, avec les membres des

autres Eglises, travaille à retrouver l’unité voulue par le Christ. Il est

pasteur d’une Eglise qui témoigne de l’amour de Dieu pour tous les hommes

et qui tente d’entrer en dialogue avec tous. Il est le pasteur d’une Eglise

chargée d’annoncer l’Evangile à toutes les nations».

Il n’est pas l’évêque des exclus, poursuit Mgr Coffy. Certains exclus en

effet ne veulent pas nécessairement ce patronage. Par ailleurs, «en se

présentant comme l’évêque des exclus ou toute autre catégorie sociale, il

court le risque d’exclure les autres catégories. L’évêque est pasteur d’une

Eglise qui travaille à supprimer toutes les formes d’exclusion et qui, par

les organismes caritatifs et l’engagement de chacun, vient en aide à tous

les exclus et à toute personne en situation de détresse».

L’évêque n’est pas l’évêque de tous. Au nom du Christ, unique pasteur de

son Eglise, il est le pasteur de «cette portion du peuple de Dieu» qu’on a

appelle diocèse. Par contre, il est «évêque pour tous» car l’Eglise a reçu

mission «d’annoncer l’Evangile à toute la création». Il l’est non pas seul,

mais avec tous les catholiques dont il est pasteur, insiste Mgr Coffy. Il

est en effet envoyé à une Eglise particulière pour que cette Eglise soit en

communion avec toutes les autres Eglises et pour qu’elle soit missionnaire.

Sa responsabilité première est d’aider les chrétiens à être responsables de

l’annonce de l’Evangile.

Les «petites phrases»

«Rappeler cette responsabilité, souligne encore Mgr Coffy, ce n’est pas

confirmer son ministère aux affaires internes du diocèse mais rappeler

qu’il n’est ni au-dessus du peuple chrétien, ni en dehors, mais avec ce

peuple, tout entier au service de l’Evangile. L’impact médiatique de ses

interventions souvent nécessaires ne doit pas faire oublier tous ceux qui,

au jour le jour, et silencieusement sont présents aux exclus, à ceux qui

souffrent, à ceux qui cherchent pour leur apporter une aide et une parole

d’espérance. L’oublier, ne serait-ce pas revenir à une conception

anté-conciliaire de l’évêque, conception que l’on a souvent dénoncée? Quand

saint Cyprien, évêque de Carthage écrivait: «L’Eglise est dans l’évêque»,

il insistait sur la place unique, irremplaçable de l’évêque, mais il

n’envisageait pas l’évêque hors du collège des évêques et hors du peuple

dont il est pasteur.

«Il est vrai, conclut l’archevêque de Marseille, que les médias

préfèrent un personnage à un peuple et «les petites phrases» qui frappent

au travail de ceux qui ne savent pas dire ce qu’ils font ou estiment ne pas

devoir perdre un temps précieux pour le service des autres. C’est à nous

qu’il appartient de reconnaître tous ceux dont on ne parle pas et qui

pourtant témoignent chaque jour de l’amour de Dieu et de l’amour des

hommes. (apic/cip/eb)

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