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Mexique: Le cardinal Sandoval Iniguez

confirme les pressions du Vatican sur Mgr Ruiz (080295)

L’évêque de San Cristobal invité par deux fois à présenter sa démission

Guadalajara, 8février(APIC) Le Vatican a effectivement invité Mgr Samuel

Ruiz Garcia à présenter sa démission, a confirmé mercredi à l’APIC le cardinal Juan Sandoval Iniguez, archevêque de Guadalajara, au Mexique. Par

deux fois, a-t-il déclaré dans une interview téléphonique, le Saint-Siège a

demandé à l’évêque de San Cristobal de las Casas de présenter sa démission.

La dernière remonte à fin octobre 1994. Selon le cardinal, Mgr Ruiz aurait

différé plutôt que repoussé cette demande.

L’archevêque de Guadalajara, qui ignore si d’autres invitations à la démission sont parvenues entre-temps de Rome à l’avocat des «Indios», ainsi

familièrement nommé par les indigènes mexicains, confirme également que les

griefs retenus par le Saint-Siège contre Mgr Ruiz sont au nombre de deux.

Les deux reproches formulés dans la dernière demande de démission sont de

nature théologique et pastorale: Ses conceptions théologiques jugées divergeantes par le Vatican; sa pratique pastorale peu en accord avec celle de

l’Eglise.

Pour la Conférence des évêques mexicains, Mgr Ruiz reste à la tête du

diocèse de San Cristobal de las Casas. «Aussi longtemps qu’il ne présente

pas sa démission ou que le Saint-Siège ne le destitue pas, Mgr Ruiz demeure

sur son siège».

Comment une démission «forcée» ou une destitution de Mgr Ruiz serait

perçue au Mexique? L’une ou l’autre pourrait causer un certain malaise dans

le pays. «L’évêque de San Cristobal de las Casas, c’est vrai, est particulièrement apprécié dans les communautés de base et chez les Indiens», convient le cardinal Sandoval. «On l’estime parce qu’il est un évêque engagé

aux côtés des indigènes et des démunis». Reste, ajoute l’archevêque de Guadalajara, que certains milieux mexicains estiment qu’il porte une part de

responsabilité dans le soulèvement des Indiens du Chiapas, puisque la révolution s’est faite exclusivement dans son diocèse. Sa responsabilité,

disent ces mêmes milieux, porte également sur l’internationalisation du

conflit. «Depuis, l’étranger a maintenant l’image d’un Mexique révolutionnaire, d’un pays instable… Ce qui a eu pour conséquence la fuite des capitaux».

L’engagement de Mgr Ruiz en faveur des Indiens s’est encore manifesté en

janvier dernier, lorsque, pour faire pression en vue de favoriser le dialogue entre la guérilla et le gouvernement, il avait entamé un jeûne. Qui a

eu pour effet de déclencher de nouvelles négociations entre insurgés et

gouvernement.

Un nouveau cas Gaillot au Mexique? «Je n’ai aucune crainte. Parce que

les Mexicains sont très catholiques, proches et respectueux du Saint-Siège.

Ils respectent l’autorité du pape. Il n’y pas lieu de craindre un «scandale» au Mexique. Si scandale il devait y avoir, ce serait plutôt à l’étranger, de par l’internationalisation du problème». (apic/pierre rottet)

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