Ecumenical News International (ENI) NOUVELLES OECUMENIQUES INTERNATIONALES
UN MOMENT HISTORIQUE POUR LE CONSEIL DES EGLISES D’AMERIQUE LATINE
ENI-95-0029çF (a)
PREMIERE PARTIE Concepcion, Chili, le 6 février (ENIçStephen Brown) Entamant leur dernier jour de débat, les délégués à l’Assemblée générale du
Conseil des Eglises d’Amérique latine (CLAI) se sont levés pour entonner le
cantique de la Réforme de Martin Luther «Ein feste Burg» et recevoir la
bénédiction d’un pentecôtiste argentin.
Ces deux manifestations simultanées de spiritualité devenaient ainsi le
symbole de l’ère nouvelle qui s’annonce pour le mouvement oecuménique sur
le continent latino-américain.
Aujourd’hui, les luthériens d’Amérique latine, mais aussi les
pentecôtistes, jouent un rôle plus important au sein de cette organisation
oecuménique, officiellement fondée en 1982, mais dont la formation remonte
à 1978.
Walter Altmann, luthérien brésilien, élu président durant l’assemblée,
succédera à l’évêque méthodiste argentin Federico Pagura, un défenseur
fervent de la cause des droits de la personne humaine, qui a été à la tête
du CLAI durant 17 ans.
Deux autres luthériens siégeront aux côtés de Walter Altmann au comité
directeur, qui comptera ainsi trois luthériens et trois pentecôtistes. Ces
deux dénominations deviennent ainsi les plus importantes au plan de la
représentation.
Par ailleurs, seuls trois membres du nouveau comité directeur ont déjà
occupé cette fonction auparavant. La moitié des membres ont moins de
quarante ans, et trois d’entre eux seulement ont plus de cinquante ans.
Deux membres sont des autochtones américains. Cinq membres du comité sont
des femmes, même s’il n’y a que 24 femmes (déléguées à part entière) sur
122 délégués.
En élisant le nouveau comité, l’Assemblée générale du CLAI a donc pris une
initiative courageuse en décidant qúil devait être plus représentatif de
«la réalité de nos Eglises», pour reprendre les termes d’un délégué.
Nidia Fonseca, pentecôtiste du Paraguay, qui travaille à la section
«femmes» du CLAI, a évoqué un «moment historique», un moment de «kairos»
dans l’histoire de l’Amérique latine et du CLAI.
«Les femmes ont la responsabilité de parler non seulement pour elles-mêmes
mais pour tous les exclus», a-t-elle affirmé.
Pourtant ce ne sont pas seulement les élections de son nouveau comité
directeur qui ont marqué le début d’une ère nouvelle pour le CLAI. Il faut
signaler aussi les efforts de l’Assemblée pour faire face à la nouvelle
situation politique, sociale et religieuse du continent latino-américain.
En outre, ce n’était pas par coi»ncidence que la ville chilienne de
Concepcion avait été choisie pour accueillir la troisième Assemblée
générale du CLAI.
Le Chili symbolise en effet les changements intervenus en Amérique latine
et aux Carai»bes. Jusqúà la fin des années 80, le pays était sous le joug
du régime répressif du général Pinochet.
Depuis lors, le Chili, comme presque tout le continent, s’achemine sur la
voie de la libéralisation et la démocratisation. Les régimes militaires et
autoritaires ont été remplacés par des gouvernements civils – en général
représentatifs.
Le Chili est devenu le modèle des nouvelles politiques économiques, dites
néolibérales, appliquées sur tout le continent, o# les gouvernements
effectuent des coupes profondes dans les budgets sociaux, sous la pression
des institutions financières internationales.
Selon Walter Altmann, il en résulte «une aggravation de la pauvreté en
Amérique latine». Certes, a-t-il admis, il n’est pas facile de poursuivre
la lutte pour la défense des droits de l’homme, foulés aux pieds par les
régimes militaires et autoritaires, mais aujourd’hui négligés par un
système économique; et «nous n’avons pas d’alternative économique au niveau
mondial», reconna#t-il.
Mais, souligne-t-il, le mouvement oecuménique doit trouver les moyens de
«soutenir les communautés locales», qui cherchent à trouver des solutions
de rechange.
SUITE EN DEUXIEME PARTIE
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UN MOMENT HISTORIQUE … ENI-95-0029çF (b)
DEUXIEME PARTIE
Le Chili symbolise aussi certaines réalités nouvelles de la vie de l’Eglise
en Amérique latine. Les Eglises pentecôtistes, qui connaissent une
croissance rapide, représentent aujourd’hui de 15 à 20 % de la population
chilienne.
Selon D. Fonseca, les pentecôtistes doivent encore préciser quelle sera
leur contribution au mouvement oecuménique. Car «il n’est pas suffisant de
dire que nous chantons des cantiques pentecôtistes, et que les
pentecôtistes apportent leurs chants», a-t-elle fait remarquer. Les
délégués pentecôtistes ont réclamé une reconnaissance plus explicite de la
tradition pentecôtiste.
Entre autres changements politiques et religieux en Amérique latine, il
faut citer la détérioration des relations entre protestants et catholiques
romains en certaines régions du continent.
Pour Jose Miguez-Bonino, théologien argentin qui fut le seul protestant
d’Amérique latine présent au Concile Vatican II, l’Eglise catholique
romaine en Amérique latine s’éloigne des positions qúelle avait prises dans
les années 60, durant lesquelles elle avait adopté certains éléments de la
théologie de la libération.
Sa participation aux «structures économiques et politiques de pouvoir» a
entra#né de «nouvelles lois de soi-disant liberté religieuse, qui sont en
réalité des lois discriminatoires», a-t-il dit.
«Je pense que nous sommes passés de la tolérance religieuse à la liberté
religieuse. Et je pense aujourd’hui que nous devons passer de la liberté
religieuse à l’égalité religieuse.»
Les préparations à l’Assemblée avaient été quelque peu assombries par une
décision du comité directeur du CLAI de ne pas inviter, et cela pour la
première fois, des observateurs de l’Eglise catholique romaine.
A la fin, les délégués ont accepté de reprendre un «dialogue avec l’Eglise
catholique romaine» et de réaffirmer «l’engagement chrétien de dialoguer
avec toutes les Eglises».
Ce ne sont pas les relations du CLAI avec l’Eglise catholique romaine qui
ont été au centre des débats, mais plutôt les efforts de l’Assemblée pour
trouver une fac,on nouvelle de coexister avec la réalité religieuse de
l’Amérique latine.
Abordant ce sujet, ce fut une jeune théologienne méthodiste brésilienne,
Nancy Cardoso, une des deux seules femmes à avoir fait des présentations en
plénières, qui a galvanisé l’Assemblée en l’appelant à accepter la «réalité
latino-américaine» et à «coexister avec une pluralité d’expériences
religieuses».
Concevoir l’Amérique latine, avec sa pluralité et sa diversité, est
«nécessaire pour renforcer la société civile, qui à son tour deviendra le
champ de la lutte pour la défense des droits des pauvres», a-t-elle dit.
Après ce défi lancé par Nancy Cardoso, l’Assemblée a demandé que le
dialogue oecuménique en Amérique latine et aux Carai»bes soit renforcé et
étendu aux religions non chrétiennes.
«Aujourd’hui, nous sommes interpellés par la richesse que nous apportent
les religions traditionnelles non chrétiennes d’Amérique latine et des
Carai»bes, qui devraient participer au dialogue oecuménique», est-il écrit
dans un des documents adoptés le dernier jour de l’Assemblée.
Cet appel a de profondes implications, non seulement pour les luthériens et
les pentecôtistes – ou les méthodistes et les anglicans – en Amérique
latine, mais pour l’ensemble du mouvement oecuménique. (1106 mots)
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