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Italie: la présence organisée des catholiques
dans la vie politique risque de disparaître (310395)
Avertissement de la «Civiltà Cattolica»
Rome, 31 mars 1995 (CIP/APIC) «Nous ne pouvons pas ne pas exprimer notre
douloureuse amertume devant le risque de voir disparaître la présence organisée des catholiques dans la vie politique italienne». C’est ainsi que
Giuseppe De Rosa, directeur de la revue jésuite «Civiltà Cattolica», commente dans sa prochaine édition le divorce quasi définitif entre le centre
droit et le centre gauche du Parti Populaire Italien (PPI, ex-Démocratie
Chrétienne), qui connaît une crise sans précédent depuis le début du mois
de mars.
En Italie, Giuseppe De Rosa est l’un des commentateurs politiques reconnus, et «La Civiltà Cattolica» est souvent considérée comme un moyen officieux, pour la Secrétairerie d’Etat, de dire ce qu’elle pense sur une
situation particulière, notamment politique.
La situation politique du parti héritier direct de la Démocratie Chrétienne se joue devant la justice, avec une première querelle sur le secrétaire général «légitime» – Rocco Butiglione ou Herardo Bianco? – et une seconde sur l’héritage du symbole et du nom de ce parti, chaque tendance, non
encore constituée en un nouveau parti, la revendiquant pour son compte,
notamment en vue des élections administratives et régionales du 23 avril
prochain.
Relatant «objectivement» les faits, le P. De Rosa met en évidence le
risque que ces querelles font courir pour la présence organisée des catholiques dans la vie politique italienne. Il déplore d’autant plus la rupture
que celle-ci «ne vient pas des adversaires de la présence des catholiques
dans la politique, mais bien des catholiques eux-mêmes, ce qui ne peut que
scandaliser, déconcerter et décevoir les électeurs du PPI». Il ajoute: «Il
serait opportun de réfléchir sur la grave responsabilité de disperser et de
dilapider un héritage politique qui a coûté autant de sacrifice. Si elle
est inévitable, et si nous allons à la rupture et donc à la formation de
deux partis, il serait également opportun que cet épilogue se déroule pacifiquement, sans que se répète le triste spectacle de ces derniers jours.»
L’amertume du P. De Rosa est partagée par l’épiscopat italien et par les
responsables du Vatican qui, tout en respectant l’autonomie des laïcs engagés dans la politique et refusant donc de prendre parti dans la querelle,
voient s’écrouler un édifice construit en commun au sortir de la deuxième
guerre mondiale pour «barrer la route» du pouvoir aux communistes et qui,
de coalitions en coalitions, a gouverné l’Italie pendant un demi siècle.
(apic/jmg/mp)
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