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apic/Encyclique Danneels

Bruxelles: Le cardinal Danneels et la nouvelle encyclique du pape (310395)

«Un hymne à la vie et un encouragement aux responsabilités»

Bruxelles, mars 1995 (APIC/CIP) «Comment nous démarquer des fauteurs de

mort et comment surtout promouvoir une nouvelle culture de la vie humaine?»

Telle est la question, aux yeux du cardinal Godfried Danneels que pose la

nouvelle encyclique de Jean Paul II «L’Evangile de la vie».

Dans tout le document, l’attention du pape va surtout aux êtres non protégés: les handicapés, les personnes fragilisées par la maladie ou par

l’âge, les embryons humains, les enfants à naître. Du constat, le pape passe à la recherche des causes. Il lui paraît grave que de nombreuses menaces

contre la vie sont, en fait, légitimées en vertu d’un droit à la liberté

humaine. L’encyclique dénonce ainsi une conception erronée de la liberté

humaine, relève l’archevêque de Malines-Bruxelles. Même si cette conception

est largement partagée, un consensus majoritaire et démocratique n’équivaut

pas nécessairement à la vérité.

Malgré les multiples menaces contre la vie, le regard du pape est positif, car, quoi qu’il arrive, la vie sera victorieuse. Le pape énumère différents signes de cette victoire: l’accueil authentique des enfants; l’essor du bénévolat; une sensibilisation plus grande à la protection de la nature et de la vie humaine; des efforts médicaux accrus pour protéger la

vie; une sensibilité éthique plus forte dans les milieux scientifiques. Même la peine de mort a reculé, et Jean Paul II ne voit pas beaucoup de motifs de la maintenir. Dans la foulée des exemples, le cardinal Danneels

ajoute qu’on «pourrait même s’interroger sur la valeur des arguments avancés hier pour justifier une guerre: peut-on encore soutenir une guerre

«juste» quand on sait d’avance que les moyens de défense ou de riposte ne

seront pas proportionnés au mal commis par l’agresseur?».

Un hymne à la vie

Pour le cardinal Danneels, le chapitre II, consacré au mesage chrétien

sur la vie, est le plus beau et le plus lyrique de l’encyclique. C’est un

véritable hymne à la vie. «Le langage employé ici, bien entendu, est celui

d’une argumentation typiquement croyante. Mais cet hymne à la vie se trouve

aussi au coeur de nombreuses autres traditions.» Dans son cri de

protestation le pape s’arrête à trois cas particuliers: le meurtre d’un

être humain innocent, l’avortement et l’euthanasie. Ce sont trois cas qui

engagent de manière directe des personnes concrètes à l’égard d’autrui. En

l’occurrence, trois cas où les relations interpersonnelles sont viciées.

En tant qu’énoncés magistériels, les déclarations du pape dans ces passages sont infaillibles, souligne le cardinal non parce que c’est le pape

qui parle, mais parce que ce qu’il dit est juste et correspond à la tradition ecclésiale. Certes, il n’y a aucune mention explicite de l’avortement

ni de l’euthanasie dans les Dix Commandements. Mais l’un et l’autre font

peser des menaces graves sur la vie humaine.

Des lois qui protègent les droits fondamentaux

L’Eglise attend du législateur non seulement que ses lois ne mettent pas

la vie humaine en danger, mais surtout qu’elles soutiennent l’être humain

dans ses droits fondamentaux. Les politiques ont donc le devoir de rapprocher le plus possible la législation de la morale, même si les lois ne peuvent tout embrasser.

«Evangelium Vitae» est d’abord un hymne à la vie. C’est un texte cohérent, bien écrit, positif, et même pastoralement très utilisable, estime

Mgr Danneels. C’est une exhortation à la confiance dans la vie, mais aussi

à une prise de responsabilité. Les responsabilités sont présentées sous un

angle négatif et un angle positif: d’une part, il s’agit de se démarquer

par rapport aux fauteurs de mort; d’autre part, il s’agit de promouvoir des

initiatives, des centres, des mouvements en faveur de la vie.

Le document dépasse, la morale des interdits, pour proposer une critique

de la culture. Il repère, à côté de germes de mort indiscutables, de nombreux signes positifs qui vont dans le sens d’un plus grand respect de la

vie. Il distingue clairement la contraception et l’avortement. Le document

plaide constamment pour les petits. De plus, chaque chapitre montre une

grande compréhension devant certaines situations.

«Le pape crie fort, parce que nous vivons dans une culture où la vie est

fortement menacée. C’est donc un cri de détresse qu’il nous fait entendre.»

C’est un document assez long, le cardinal en convient. «Cette encyclique ne

manque pas de souffle, mais il en faut aussi pour la lire». Sinon, on risque de s’arrêter aux déclarations un peu sèches du chapitre 3 et de ne pouvoir tirer parti des encouragements du chapitre 4. Il n’y a pas de révélation spéciale nouvelle. L’important est de continuer à vivre l’Evangile de

la vie. (apic/cip/mp)

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