Sion: Mgr Brunner devient le 82e successeur de Saint Théodule (310395)

Un évêque « conservateur » ouvert aux nécessaires adaptations pastorales

Sion, 31mars(APIC) 82e successeur du 1er évêque du Valais Saint Théodule

– Sion fut au IVe siècle le 1er siège épiscopal sur le territoire de la

Suisse actuelle – Mgr Norbert Brunner sera ordonné évêque de ce diocèse riche en traditions à la fin mai ou au début juin, en la cathédrale de NotreDame du Glarier à Sion, a-t-on appris vendredi lors d’une conférence de

presse à l’évêché de Sion.

Le successeur du cardinal Henri Schwery, démissionnaire en janvier dernier pour raison de santé, ne refuse pas le qualificatif de « conservateur »

que certains lui ont déjà accolé, à la condition que ce concept signifie

rester fidèle à l’enseignement et à la tradition de l’Eglise. Mais lui-même

se qualifierait plutôt d’ »homme du milieu », fidèle à Rome et au Concile Vatican II, prêt à chercher avec ses collaborateurs les adaptations nécessaires à la pastorale pratique dans les paroisses et dans les familles. Pour

Mgr Brunner, cette fidélité n’est pas en contradiction avec les évolutions

nécessitées par les nouveaux défis pastoraux.

« Au service de votre espérance »

Chancelier épiscopal de Mgr Nestor Adam en 1972, avant d’occuper la même

charge aux côtés de Mgr Henri Schwery jusqu’en 1987, puis appelé à la charge d’économe diocésain de 1988 à 1991 et de vicaire général depuis cette

date, Mgr Brunner est un familier des structures du diocèse, puisqu’il travaille à l’évêché de Sion depuis deux décennies. Sa devise épiscopale, pas

fixée définitivement, devrait être « Au service de votre espérance ». « Je

considère le mandat épiscopal comme un service pour aider les prêtres et

les diocésains », a-t-il précisé aux journalistes. Un service qu’il conçoit

dans le sens de l’épisode biblique du lavement des pieds. Quant à l’espérance, souligne-t-il, « nous en avons besoin pour faire face aux souffrances

du monde d’aujourd’hui ».

S’il veut inviter ses diocésains à « oser l’espérance, l’amour et la

foi », Mgr Brunner aura besoin de beaucoup d’énergie pour faire face à sa

charge dans un diocèse « assez difficile », de l’avis du cardinal Schwery.

« C’est un diocèse très pénible parce que petit et de taille humaine: certes, l’évêque connaît tous ses prêtres, et l’ambiance est très bonne c’est le plus calme de Suisse! – mais toutes les paroisses, même les plus

petites, veulent voir leur évêque; l’évêque se sent mangé… », affirme Mgr

Schwery, qui explique ainsi le surmenage qui l’a amené à démissionner.

Même si les deux régions linguistiques du diocèse – la francophone et la

germanophe – ont des mentalités très différentes, Mgr Brunner cherchera à

ne pas négliger l’unité du diocèse. Une tâche certainement facilitée par le

fait que Norbert Brunner, lors de la procédure de consultation faite à la

fin de l’année dernière auprès de l’ensemble des prêtres et des collaborateurs pastoraux du diocèse, ait été proposé dans la même proportion tant

par la partie alémanique que par la partie française, a tenu à relever le

cardinal Schwery.

Interrogé sur les conséquences du schisme d’Ecône en Valais, Mgr Brunner

a dit les ressentir douloureusement, surtout au niveau des familles, divisées au moment des enterrements ou des mariages. A l’occasion de la conférence de presse, le cardinal Schwery a encore dit avec son humour coutumier

qu’il s’effacera à partir du moment où Mgr Brunner prendra ses fonctions,

« mais je tâcherai de rester à Sion, et s’il me tolère, je dirai quelques

messes dans la région ». (apic/be)

Encadré

Une famille profondément chrétienne

Né en 1942 dans le village haut-valaisan de Naters, dans une famille profondément chrétienne, Mgr Brunner a connu une enfance marquée par un milieu

scolaire et paroissial encore tout imprégné de valeurs chrétiennes. Il a vu

naître sa vocation alors qu’il était servant de messe, à l’âge de 7 ou 8

ans. S’il avait oublié ce premier appel durant les années de collège, la

vocation s’est réveillée l’année du baccalauréat, a-t-il révélé à l’agence

APIC. Cette année-là, déjà inscrit à l’Ecole Polytechnique Fédérale à Zurich, où il voulait devenir ingénieur, il tourne le dos à la carrière

scientifique pour entrer ensuite au Grand Séminaire de Sion, avant de faire

sa théologie à Innsbruck.

Même si le Valais s’est passablement sécularisé depuis un certain nombre

d’années, Mgr Brunner estime que la pratique religieuse y est quand même

bien plus élevée que la moyenne suisse, surtout dans les villages du HautValais. « Il y a évidemment comme partout une tendance à l’individualisation

et à choisir en matière religieuse son propre « menu », mais je ne pense pas

que l’on puisse dire que le sens chrétien ait disparu du Valais… ».

Un « réaliste optimiste »

Même si beaucoup de manifestations extérieures de la foi se font souvent

par tradition, quand on voit la vie sacramentelle et de prières, les processions, tout ce qui se fait au niveau des paroisses, la foi est encore

vive en Valais, affirme le nouvel évêque de Sion. Face à l’échéance de l’an

2’000, Mgr Brunner se veut un « réaliste optimiste », car la jeunesse d’aujourd’hui est à ses yeux très généreuse et, malgré la sécularisation, elle

est restée très sensible aux valeurs chrétiennes. « Je vois des signes de

renouveau et je garde l’espérance ». (apic/be)

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