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Zurich: « Evangelium Vitae » et la légitimité de la peine de mort (300395)

Le professeur Alberto Bondolfi souhaite que la question ne soit pas close

Zurich, 30mars(APIC) Le débat sur la légitimité de la peine de mort ne

doit pas être clos, même après la prise de position de l’encyclique « Evangelium Vitae » sur le sujet, estime Alberto Bondolfi, théologien catholique

et collaborateur à l’Institut d’Ethique sociale de l’Université de Zurich.

La position du pape, qui accepte encore, sous certaines conditions, la légitimité de la peine capitale, doit rester un point de départ pour découvrir d’autres réflexions éthiques sur le sujet.

Au paragraphe 56 de l’encyclique, il est bien rappelé que « l’on enregistre dans l’Eglise comme dans la société civile, une tendance croissante à

en réclamer une application très limitée voire même une totale abolition de

la peine de mort ». Mais quelques lignes plus loin, le texte affirme: « Il

est clair que la mesure et la qualité de la peine doivent être attentivement évaluées et déterminées; elles ne doivent pas conduire à la mesure extrême de la suppression du coupable, si ce n’est en cas de nécessité absolue, lorsque la défense de la société ne peut être possible autrement. Aujourd’hui, cependant, à la suite d’une organisation toujours plus efficiente de l’institution pénale, ces cas sont désormais assez rares, sinon même

pratiquement inexistants ».

Le professeur Bondolfi estime que beaucoup de catholiques attendaient

une prise de position sur ce problème de la peine de mort, car ils n’avaient guère compris celle exposée dans le « Catéchisme de l’Eglise catholique »

qui, lui aussi, ne condamnait pas totalement la peine de mort. En effet la

problématique de la peine de mort est « une blessure ouverte » de la théologie morale catholique. « Evangelium Vitae » affirme avec force à différents

endroits, que la vie humaine est inviolable, aussi bien pour des raisons

théologiques que pour des considérations de la raison. Avec pour seules exceptions certains actes de légitime défense. Des situations de guerre et

d’autres cas, relativement rares, comme la peine de mort, s’y trouvent légitimés.

Mais c’est justement là, affirme Alberto Bondolfi, que réside le noeud

du problème. Plusieurs instances catholiques, comme « Pax Christi », ou certaines commissions spéciales de Conférences épiscopales, comme « Justice et

Paix » ont déclaré que la peine de mort ne peut pas être considérée comme un

acte de légitime défense. La peine de mort est prononcée lors d’un procès

pénal, dans lequel le meurtrier ne peut plus, depuis longtemps, mettre en

danger la vie d’autrui. Dans ce cas, une exécution ne peut plus être considérée comme un acte de légitime défense. Elle méprise au contraire l’inviolabilité de la vie humaine, conclut Alberto Bondolfi. (apic/com/ba)

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