Embargo 12hoo. Prière de respecter

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Suisse romande: Encyclique sur la vie du pape Jean Paul II (300395)

Dossier de «Paroisses vivantes»: «Quelques non pour beaucoup de oui»

St-Maurice, 30mars(APIC) La nouvelle encyclique du pape Jean Paul II

«L’Evangile de la vie» ne peut se lire comme un article de journal mais

plutôt comme une méditation. «Paroisses vivantes», le bulletin des

paroisses catholiques de Suisse romande, offre dans un numéro spécial un

dossier pastoral pour aider à la lecture de ce document. En une quinzaine

de pages, sept personnalités romandes donnent chacune un éclairage sur ce

texte dense de 130 pages.

La lettre est d’abord une joyeuse proclamation de ce don de la vie, don

de Dieu, inestimable, que la foi – et la raison naturelle aussi – doit reconnaître et chanter, remarque Mgr Henri Salina, évêque-abbé de St-Maurice

et président de la Conférence des évêques suisses. La lettre du pape est

l’affirmation de la valeur incomparable de toute vie humaine et du respect

absolu auquel elle a droit. Le corollaire est la dénonciation de la culture

de la mort et la défense des faibles et des sans-voix.

L’encyclique papale est animée d’un vigoureux souffle biblique que décrit l’abbé François-Xavier Amherdt, vicaire épiscopal du diocèse de Sion.

Tout le document repose sur la foi en Dieu créateur, auteur de la vie, et

en Jésus-Christ «Verbe de vie». L’homme créé à l’image de Dieu, selon la

Genèse, est au centre de l’Univers une trace de sa présence. La Bible enseigne que l’homme n’est maître ni de la vie, ni de la mort. C’est le Seigneur qui fait mourir et vivre. Depuis le meurtre d’Abel par son frère

Caïn, le sang des innocents continue de crier vers Dieu, relève le pape.

Comme à Caïn, le Seigneur confie aux hommes d’aujourd’hui la mission de

veiller sur le trésor précieux de la vie. Jusqu’au jour de la résurecction,

de la victoire définitive sur la mort.

Une conspiration contre la vie

Le Père Albert Longchamp, rédacteur en chef de «L’Echo Illustré magazine», s’attache à présenter le refus de «la culture de la mort» qui menace

notre société. Dans une sorte de conspiration contre la vie, l’existence du

plus faible est jugée inutile ou considérée comme un poids insupportable.

Par la maladie, le handicap, la pauvreté, par sa présence même, celui qui

remet en cause les habitudes ou le confort des plus favorisés tend à être

considéré comme un ennemi dont il faut se défendre ou qu’il faut éliminer.

A une époque où les droits de l’homme sont proclamés inviolables, le droit

à la vie, le plus fondamental de tous, est nié et violé en particulier à

ces moments les plus significatifs de l’existence que sont la naissance et

la mort. Face aux abandons sournois de la conscience et des Etats devant

leurs responsabilités, face aux tyrannies du dieu argent, d’un scientisme

arrogant et d’un individualisme qui frise la démence, ’l’Evangile de la vie

est là pour la cité des hommes», dit l’encyclique.

Michèle Fringeli, mère de famille et journaliste, s’attarde sur la

défense de la famille comme sanctuaire de la vie. Il s’agit, suggère le

pape, d’entrer dans un nouveau style de vie où l’être prime sur l’avoir et

la personne sur les choses. La maternité de la femme lui donne de ne tenir

les relations humaines pour vraies que lorsque l’autre est reconnu et aimé

pour ce qu’il est, insiste Jean Paul II, et non pour son utilité, sa force,

son intelligence, sa beauté ou sa santé. Aux femmes qui ont eu recours à

l’avortement, le pape adresse un message de miséricorde les incitant à

demander et à recevoir le pardon et les invitant à devenir elles-mêmes des

défenseurs de la vie.

«Aucun besoin d’infaillibilité pour nous dire qu’un foetus est un

homme», commente de son côté l’abbé Joseph Beaud, rédacteur en chef de

«L’Echo romand». Pour lui cette encyclique crie la vie mais ne condamne

personne.

La tolérance n’est pas le relativisme

André Kolly, directeur du Centre Catholique de Radio et de Télévision

(CCRT), explicite l’enseignement de l’encyclique sur le rapport entre loi

civile et loi morale. Ce texte, comme l’encyclique précédente «Veritatis

Splendor», dénonce le relativisme éthique. Le relativisme qu’on sert comme

condition de la démocratie garantirait-il la tolérance et le respect des

personnes tandis que les principes moraux conduiraient à leur contraire?

s’interroge le pape. Lorsqu’une majorité parlementaire décrète la légitimité de la suppression de la vie humaine encore non née, ne prend-elle pas

une décision tyrannique envers l’être humain le plus faible et sans défense? Face à ce dilemme, l’encyclique revendique pour les chrétiens un droit

à l’objection de conscience. Ce débat ne porte d’ailleurs pas tant sur un

principe catholique à sauver que sur une notion relevant des droits de la

personne humaine.

Cette encyclique ouvre tout un champ à des engagements positifs et constructifs. L’abbé Claude Ducarroz, curé de Notre-Dame, à Lausanne, offre

dans une dernière contribution toute une série de pistes pastorales allant

de l’aide aux mères en difficultés au soutien aux drogués, en passant par

le développement des soins palliatifs. (apic/mp)

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