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Italie:Le cardinal Ruini demande au clergé de (290395)
rester neutre dans la querelle qui divise le PPI
Rome, 29mars(APIC) Le cardinal Camillo Ruini, président de la Conférence
épiscopale italienne, lors du Conseil permanent de la Conférence épiscopale
qui vient de se tenir à Lorette, a demandé au clergé de rester neutre dans
les querelles internes qui divisent actuellement le Parti Populaire Italien, héritier direct de la Démocratie Chrétienne.
Depuis le 9 mars 1995, ce parti qui était censé regrouper en Italie les
hommes politiques catholiques et attirer le vote uni des catholiques de la
Péninsule, est en proie à une querelle interne inédite, qui voit la coexistence de deux secrétaires généraux, Rocco Buttiglione et Gérardo Bianco.
La rupture et la division de ce parti en deux tendances de force égale,
centre-gauche et centre-droit, remonte au début mars de cette année. Rocco
Buttiglione, qui avait été élu au poste de secrétaire général du PPI en
juillet 1994, doit, ce jour-là, choisir une alliance électorale pour les
prochaines élections administratives du 23 avril 1995. Hésitant longtemps
entre une alliance avec le PDS (ex-parti communiste italien) et Forza Italia du libéral Silvio Berlusconi, Buttiglione finit par choisir Forza Italia.
La réaction à cette décision au sein de l’ex-démocratie chrétienne est
immédiate. Le 11 mars 1995, un conseil national de ce parti, le Parti
Populaire Italien, met le secrétaire général en minorité à trois voix près.
Ce dernier découvre cependant une irrégularité dans le vote, confirmé par
l’instance d’arbitrage de ce parti et, depuis par la justice italienne, qui
permet à Buttiglione de conserver son poste. Mais, le 16 mars 1995, la
moitié des conseillers nationaux de ce parti qui s’opposent à Buttiglione
refusent cet arbitrage. Ils élisent un autre secrétaire général, Gerardo
Bianco.
Depuis, les membres du PPI ne cessent de se diviser et l’unité politique
des catholiques que les évêques italiens ont soutenue depuis la fin de la
guerre pour conjurer le risque de l’avènement au pouvoir du parti communiste, est pratiquement désintégrée. C’est dans ce contexte que s’explique
la prise de position du cardinal Ruini, car la rupture consommée entre les
différents responsables du PPI induit aussi une rupture dans les rangs catholiques qui se séparent entre deux sensibilités, de centre droit et de
centre gauche.
Eviter les divisions à caractère politique à l’intérieur de l’Eglise
«Il est nécessaire, a dit le cardinal Ruini, d’éviter que le clergé ou
des réalités d’expressions ecclésiales ne prennent des initiatives ou des
positions qui pourraient représenter un engagement pour l’un ou l’autre des
parties politiques, toutes d’inspirations chrétiennes, et ce afin de ne pas
apporter des divisions à caractère politique à l’intérieur de l’Eglise.
Le cardinal Ruini prend acte des «événements douloureux» qui ont conduit
à la «grave fracture» de la «représentation politique qui fait référence à
l’inspiration chrétienne». Pour le prélat, cette évolution est
essentiellement due à deux facteurs: le passage à un système électoral
majoritaire et la dépréciation du personnel politique démocrate chrétien
aux yeux de l’opinion publique italienne en raison du «contre-témoignage»
apporté par certains responsables de la DC.
Fin progressive de l’engagement politique unitaire des catholiques
Conséquence: «Il est devenu toujours plus difficile de composer et de
faire tenir ensemble différentes orientations depuis longtemps présentes»
dans ce parti politique et «la fin progressive de l’engagement unitaire et
organisé des catholiques en politique» est un fait. Ceci dit, continue le
cardinal Ruini, qui réitère «l’objectif de ne pas confondre Eglise et politique», «le devoir et le droit de l’Eglise de formuler son jugement moral,
même sur des choses qui concernent la politique, est toujours à l’ordre du
jour». Quant aux prochaines élections, le cardinal Ruini oriente le choix
des votes des fidèles catholiques «en fonction du discernement chrétien,
fondé sur les qualité morales, les capacités et les compétences des candidats, et sur les contenus concrets des programmes et des orientations des
forces politiques».
Dans cette ligne ajoute-il, «la communauté ecclésiale doit continuer
d’être, selon une modalité spécifique et sans équivoque, une grande force
sociale qui donne sa contribution au bien du pays». (apic/jmg/be)
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