apic/Finances de l’Eglise en France
Finances de l’Eglise de France
La générosité, seule ressource de la mission (280395)
Le budget de l’Eglise en France équivaut
à 6% des sommes jouées chaque année au PMU
Paris, 28mars(APIC/CIP) Des affiches fleurissent actuellement sur les
murs de France. Et des encarts sont publiés dans les journaux pour la campagne 95 du Denier de l’Eglise. C’est que l’Eglise catholique a besoin
d’argent! Même si les clichés ont la vie dure. Sait-on que le budget de
l’Eglise équivaut à 6% des sommes jouées chaque années au PMU? Que le diocèse de Saint-Etienne dispose d’un budget inférieur à celui d’une commune
de 5’000 habitants? C’est ce que rappelle dans un dossier le bimensuel SNOP
de la Conférence des évêques de France.
Parler des finances dans l’Eglise, c’est rappeler que, pour agir librement, des moyens sont nécessaires. Raison pour laquelle les diocèses pratiquent la transparence en publiant comptes et justifications. Même s’il existe une solidarité entre eux, les diocèses de France sont financièrement
autonomes. Dons, quêtes et offrandes constituent les principales ressources. Pour la ressource essentielle, le Denier de l’Eglise, les catholiques
sont invités à verser la valeur d’une journée de travail, ou 10% de leur
impôt sur le revenu, ou encore 1 à 5% de leurs revenus annuels.
On connaît les clichés. Du genre: « L’Eglise est riche! Elle possède de
grands bâtiments, des églises, des oeuvres d’art… ». Or l’Eglise, en tant
qu’institution culturelle, ne reçoit aucune subvention de l’Etat, ni du Vatican. L’Etat ne verse aucun salaire aux prêtres (excepté dans les diocèses
concordataires: Strasbourg et Metz). L’Etat et les communes contribuent cependant à la vie matérielle de l’Eglise en entretenant les églises qui lui
appartiennent (bâtiments construits avant 1905). Les immeubles dont l’Eglise est propriétaire, coûtent chers à entretenir: le statut associatif des
diocèses ne permet pas de faire produire aux immeubles des bénéfices issus
des locations.
Les dépenses des diocèses
Les dépenses des diocèses sont connues: elles s’expriment d’abord en
terme de « personnel ». Les prêtres sont rémunérés par le diocèse à hauteur
de plus ou moins 4’000 francs français (environ 1’000 francs) par mois
(2’900 F.F dans le diocèse de Lyon: moins de 750 fs); le prêtre étant logé,
nourri et sa couverture sociale prise en charge. Les religieuses et les religieux ayant une activité pastorale dans le diocèse ont un traitement
équivalent à celui des prêtres.
Il est un poste qui ne cesse de s’accroître, celui de la rémunération
des laïcs: les animateurs pastoraux et ceux qui travaillent dans les services administratifs. Dans le diocèse de Nanterre, cette charge a augmenté de
23% entre 1992 et 1993. Les animateurs pastoraux bénéficient d’un traitement légèrement supérieur au SMIC. Ces dépenses de personnel constituent
pour certains diocèses, jusqu’à 60% de leur budget. Autres postes: les mouvements et services apostoliques, ces missions demandant des moyens, même
si elles s’appuient sur des bénévoles; les services administratifs diocésains; les dépenses immobilières d’entretien et d’investissement.
A ce jour, le Denier de l’Eglise constitue 40% des recettes de l’Eglise,
les quêtes paroissiales (22%), les offrandes (18%), la contribution de solidarité des paroisses (13%) et les dons et legs (7%).
Le Denier de l’Eglise est la collecte annuelle faite dans les diocèses
pour assurer les dépenses décrites plus haut: cette collecte s’apparente à
une contribution des catholiques vis-à-vis de l’Eglise. Tous diocèses confondus, la somme collectée en 1990 était de 963 millions ff (240 millions
de fs). Selon un sondage de 1982 paru dans le Figaro, un tiers des français
participerait à cette collecte, un taux supérieur à la pratique dominicale.
Ce taux correspond cependant au total des pratiquants réguliers et occasionnels.
Les ressources des diocèses français pour 1993 s’élevaient à 2,5 milliards de ff (825 millions de francs). Si le montant constitue une somme importante en soi, il faut savoir que ce budget doit permettre à 95 diocèses
et 30’000 personnes de vivre. En outre, comme le rappelait le journal « Le
Monde » en 1991, ce budget est « huit fois moins riche que celui de la Mairie
de Paris, trois fois moins que celui de Marseille. L’Eglise de France gère
un budget à peine supérieur à celui de Nantes ou de Saint-Etienne ».
« Là, il n’y a pas de miracle »
Etablir une moyenne du budget ne correspondrait à rien: tout est
fonction de la taille du diocèse, de sa population, du nombre de cotisants,
etc. Ce qui est plus intéressant, ce sont les comparaisons: avec 36 millions de francs français (9 millions de fs), le diocèse de Saint-Etienne,
qui compte 540’000 catholiques, dispose d’un budget inférieur à celui d’une
commune de 5’000 habitants!
Dès 1982, une campagne nationale de publicité a été lancée par l’Eglise
de France. Une autre a suivi en 1988, dont l’image a été largement diffusée: une famille, un prêtre, des enfants de choeur sur fond d’église, avec
cette légende: « Là, il n’y a pas de miracle ». Ces campagnes ont un réel impact: à l’issue de celle de 1988, le Denier de l’Eglise s’est accru au plan
national de plus de 14,75%. Mais il n’y a pas que l’augmentation des recettes: les affichages et sensibilisations favorisent des changements d’attitude, un public jeune est touché et nombreux sont ceux qui, catholiques
pratiquants ou occasionnels, se sentent concernés!
Et ailleurs?
Le dossier du SNOP présente succinctement les données du financement de
l’Eglise dans trois grands pays voisins. En Allemagne, les Eglises reconnues (catholiques et protestantes) et les communautés juives ont le droit de
percevoir un impôt culturel équivalent à 10% de la dette fiscale de leurs
membres. Le contribuable qui remplit sa déclaration d’impôt annuel doit,
lorsqu’il appartient à l’une de ces confessions, ajouter à la somme qu’il
acquitte à la collectivité civile les 10% qui seront reversés à son Eglise.
C’est dire que ne pas payer l’impôt culturel est un délit fiscal aussi
longtemps que l’on a pas renoncé officiellement à son appartenance confessionnelle.
En Espagne, avant 1989, l’Eglise recevait des subventions du gouvernement, le catholicisme étant alors religion d’Etat. Depuis 1989, les Espagnols doivent préciser sur leur déclaration d’impôt ce qu’ils désirent que
l’Etat fasse avec une somme fixée à 0,52% de leur contribution: elle est
destinée soit à l’Eglise catholique, soit à « d’autres fins d’intérêt social ».
En Italie, un nouveau concordat a été signé en 1984. Désormais, l’Eglise
doit pourvoir à son financement. L’impôt joue cependant un rôle: tout citoyen peut disposer librement d’une somme égale à 8% de son impôt direct,
somme qu’il peut soit affecter à une oeuvre sociale publique (l’Eglise est
considérée comme telle), soit verser à des organismes et associations ayant
passé un accord avec l’Etat.
A noter qu’en Suisse, le financement des Eglises est réglé au niveau
cantonal. Il varie donc d’une région à l’autre. (apic/cip/pr)
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