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Suisse: Campagne contre les mines antipersonnel (240395)
«Arrêtons le massacre!»
Genève, 24mars(APIC) 100 millions de mines dirigées contre les personnes
(A/P) infestent la planète, restant longtemps actives après la fin des combats. Conçues pour mutiler plus que pour tuer, elles frappent beaucoup de
civils. Elle empêchent le retour des réfugiés et les travaux agricoles sur
des milliers d’hectares. Face à ce désastre humain, plusieurs mouvements
chrétiens et des oeuvres suisses d’entraide lancent un appel aux autorités
fédérales et à la communauté internationale pour que les Etats interdisent
totalement l’emploi, la production, le stockage et l’exportation de mines
antipersonnel.
Intitulée «Arrêtons le massacre», cette campagne dénonce le fait que
chaque jour, 40 personnes, surtout des enfants et des femmes, sont victimes
de cette arme disséminée dans de nombreux pays.
La Belgique a adopté, début mars, un projet de loi interdisant la fabrication, l’acquisition, la vente, l’exportation, l’utilisation et la détention des mines antipersonnel. C’est une première mondiale. La campagne
suisse souhaite aussi que les autorités helvétiques se prononcent officiellement en faveur de cette interdiction totale et qu’on instaure partout
dans le monde le principe du «pollueur-payeur». Pour faire payer aux producteurs et aux commerçants d’armes les dégats causés par ces mines. Et non
pas seulement le public, les agences humanitaires et les organisations nongouvernementales (ONG).
Les initiateurs de la campagne veulent que la Suisse adopte une position
cohérente et exemplaire afin d’inciter d’autres Etats à prendre des mesures
unilatérales pour enrayer ce fléau et permettre un banissement total des
mines.
1’000 à 2’000 personnes touchées chaque mois
Selon l’ONU, 100 millions de mines antipersonnel, prêtes à exploser,
sont disséminées sur la planète, dans 62 pays. Chaque mois, même après la
fin des conflits, 1’000 à 2’000 personnes sont touchées: en moyenne deux
tiers en meurent, les autres restent handicapées à vie. La grande majorité
des victimes sont des civils. En Afghanistan, comme en Angola, on estime le
nombre des mines actives à près de 10 millions. Il y en aurait 5 millions
au Cambodge, autant en Irak et au Koweit. Même le Rwanda est touché.
Ces engins sont fabriqués d’une manière très raffinée et variée: mines à
effets de souffle, à fragmentation, mines bondissantes projetant à hauteur
d’enfant des billes ou éclats métalliques dans un rayon de 25 mètres, sousmunitions non explosées disséminées par des obus pouvant en contenir 600.
Certaines mines sont étudiées pour blesser sans tuer: l’effet démoralisant
des mutilations, à l’arrière sur les combattants et les populations civiles
est des plus efficaces.
Le coût élevé du déminage
Les mines sont bon-marché de 3 à 75 dollars selon le modèle. Mais le
coût du déminage est terriblement élevé, 300 à 1000 dollars par mine, et
les démineurs y risquent leur propre vie. D’où l’insistance de la Campagne
«Arrêtons le massacre» pour faire payer le déminage aux pays producteurs et
aux commerçants de mines.
L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-Suisse),
l’Action de Carême, le Bureau international catholique de l’Enfance (BICE),
la Chaîne du Bonheur, le Comité de soutien à l’Erythrée, la Commission
tiers monde de l’Eglise catholique (COTMEC), la Croix Rouge suisse, la Déclaration de Berne, l’Entraide protestante suisse (EPER), Terre des hommes,
la Fondation Village d’enfants Pestalozzi, Helvetas, Médecins sans frontières, l’Oeuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO), l’Organisation mondiale
contre la torture, Pain Pour le Prochain, Pax Christi, et Volontaires 4-Horizons sont engagés dans cette campagne et récoltent des signatures. (apiccotmec/ba)
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