apic/Affaire Gaillot/ Osservatore Romano
Rome: « La vérité sur le cas Mgr Gaillot » (220395)
« L’Osservatore Romano » entre dans le débat
Rome, 22mars(APIC) « La vérité sur le cas Mgr Gaillot ». Tel est le titre à
la une de « L’Osservatore Romano » de langue française du 21 mars. Dans un
long article signé du cardinal sénégalais Hyacinthe Thiandoum, l’hebdomadaire officiel du Vatican revient pour la première fois depuis le 13 janvier sur la révocation de l’évêque d’Evreux. « L’Osservatore Romano » tant
dans sa version quotidienne en italien, que dans ses éditions internationales, s’était contenté jusqu’ici des quelques lignes du communiqué du SaintSiège annonçant la destitution de Mgr Gaillot.
Même si le cardinal Thiandoum n’appartient pas à la curie romaine, il
est évident que son intervention a dû recevoir l’aval de la Secrétairerie
d’Etat et peut être considérée comme une prise de position officielle. Le
lecteur remarque d’ailleurs que l’article est daté du 14 février et signé
de Dakar et paraît quinze jours après l’annonce par le président de la Conférence épiscopale française, de la disponibilité du pape à recevoir Mgr
Gaillot à Rome.
Le cardinal Thiandoum commence par déplorer la « triste aventure de Mgr
Gaillot » et propose « une appréciation juste et objective sur cet incident
malheureux démesurément amplifié », « tout en s’interdisant de juger » la personne de cet évêque qui demeure un confrère dans l’épiscopat. Néanmoins,
affirme l’auteur, Mgr Gaillot « s’est gravement trompé ». Mgr Thiandoum relève que l’évêque d’Evreux « s’est démarqué de ses confrères évêques (…)
utilisant abondamment les médias – avec talent, il faut le dire – pour
prendre le contrepied de leurs points d’accord, notamment en matière de morale (sexualité, contraception, sida et préservatifs, homosexualité etc.) »
L’article souligne ensuite l’opposition systématique et publique de Mgr
Gaillot à l’enseignement du magistère pontifical « sur les mêmes questions
et d’autres encore (ordination des femmes, mariage des prêtres) ». Le troisième élément avancé par le cardinal concerne l’attitude face aux exclus.
« Mgr Gaillot ne voulait pas marcher sur les chemins battus privilégiant les
contacts avec les marginaux, les exclus, les chômeurs, les prostituées,
somme toute les laissés-pour-compte ». Une attitude dont on ne peut que se
réjouir, mais, précise l’article, « encore faut-il que Mgr Gaillot le fasse
en communion ecclésiale ». « L’Eglise n’a pas attendu Mgr Gaillot pour prendre en charge de manière effective et permanente de tels milieux ». Et le
cardinal Thiandoum de citer le Secours Catholique et « toutes les personnes
qui font beaucoup de bien et peu de bruit ».
Quatrième élément: « Continuant son aventure solitaire, l’évêque
d’Evreux, accentuait, insconsciemment il faut le penser, la confusion et la
perte de repères religieux au sein d’une société en crise de sécularisme ou
de civilisation ». Ces divers éléments ont conduit à enlever à Mgr Gaillot
« le gouvernement d’un diocèse qu’il ne pouvait ou ne voulait plus conduire
en communion avec ses frères dans l’épiscopat et le pape Jean Paul II, chef
du collège des évêques ». Une décision qui n’a pas été prise sans douleur,
précise le cardinal Thiandoum, car « toutes les médiations entreprises se
sont avérées inefficaces ».
Dans la seconde partie de l’article, Mgr Thiandoum cite abondamment le
Père Congar, crée cardinal l’an dernier, à propos de l’articulation de
l’exercice du pouvoir pastoral de l’évêque par rapport à celui du sucesseur
de Pierre, chef du collège épiscopal. Cette articulation requiert la communion de part et d’autre, note Mgr Thiandoum. Et de relever que les communautés locales relativement autonomes et le rôle spécifique de chacun « ne
sauraient amoindrir la primauté de juridiction sur l’Eglise universelle du
souverain pontife ». « Le pape est partout chez lui, à Rome, comme dans nos
diocèses et de par le monde. Son droit de regard et d’intervention est à la
mesure des prérogatives que le fondateur du christianisme lui a accordées:
’Tu es Pierre. Pais mes agneaux, pais mes brebis’ ».
Il est dommage que « Mgr Gaillot ne semble pas avoir suffisammment compris que les liens de communion avec Pierre et les membres du corps épiscopal de son pays, qui lui restent cependant attachés, ne sont pas des freins
ou des barrières, mais une force et un appui pour aller plus loin en toute
garantie dans cette mer agitée qu’est notre monde où s’opère l’évangélisation. »
Plusieurs sources autorisées au Vatican signalent par ailleurs que l’annonce d’une audience accordée à Mgr Gaillot par le pape ne signifie aucunement un changement d’attitude du Vatican à son égard. (apic/jmg/mp)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/apic-affaire-gaillot-osservatore-romano/