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Rome: 34e Congrégation générale des jésuites
Le Père Kolvenbach, préposé général de la Compagnie, fait le point (220395)
Rome, 22mars(APIC) La 34e Congrégation générale des jésuites a réuni pendant trois mois à Rome 223 délégués du monde entier. Le Père Hans-Peter
Kolvenbach, préposé général de la Compagnie de Jésus, a dressé le 22 mars
un premier bilan des travaux, essentiellement consacrés aux «nouvelles exigences de la mission aujourd’hui».
La Congrégation Générale lance un appel à un changement de mentalité, à
une plus grande transparence de la mission et à une conversion du coeur
pour une «offrande de plus grande valeur»." C’est en ces termes que le Père
Kolvenbach a résumé les grandes lignes des travaux de cette 34e Congrégation générale.
Le préposé général a démenti au passage les rumeurs selon lesquelles la
Compagnie de Jésus aurait demandé l’ouverture du procès en béatification de
son prédécesseur, le Père Aruppe, dont le corps va être effectivement
transféré en l’église du Gesù à Rome. Une demande de béatification du Père
Arrupe ne pourrait être introduite purement et simplement par ses confrères: la demande doit venir «de la dévotion de peuple chrétien de Rome».
Aucun «événement spectaculaire» n’a marqué les trois mois de travaux qui
viennent de s’écouler. A part des élections pour constituer un nouveau
Conseil général de l’Ordre, le temps a été consacré à mettre à jour les
textes fondamentaux de la Compagnie et à replacer sa mission dans la
perspective de la nouvelle évangélisation, au seuil de l’an 2000.
200 pages pour une passion
Le résultat: un document de plus de 200 pages, sans parler des textes
juridiques. Les délégués n’ont peut-être guère honoré «le désir initial de
produire des textes brefs», reconnaît le Père Kolvenbach, mais la longueur
traduit la «passion missionnaire qui s’est saisie de cette assemblée».
Que contient ce document? Pour l’essentiel, précise le préposé général,
il appelle à la transparence de notre mission qui devrait être plus dynamique, en certains endroits, plus courageuse et entreprenante. Plus de
vigueur et plus de rigueur – plus de «oui» et moins de «oui mais» – sans
toutefois nous sentir indispensables, pour insérer l’action de la Compagnie
de Jésus dans l’élan apostolique auquel le pape nous met au défi en ces années de préparation à l’année Jubilaire.
L’ardeur renouvelée des jésuites pour la mission se heurte néanmoins à
la «diminution des effectifs» et «au viellissement progressif des forces
disponibles avec leurs conséquences inévitables de fatigue et d’usure,
d’une fatale baisse de la qualité du service apostolique à rendre». De
36’000 il y a 30 ans, les jésuites sont aujourd’hui passés à 23’000.
Où en sont les jésuites, 20 ans après la Congrégation de 1974, qui devait entraîner la Compagnie dans une redécouverte percutante de «la dimension sociale de la foi», avec une insistance particulière sur «la proximité
avec les pauvres et sur la promotion du développement humain, surtout dans
les régions exposées à la dictature et à la misère». De ce point de vue, la
34e congrégation générale «n’a rien changé» note le Père Kolvenbach, mais a
approfondi les mêmes options, bien que «les accents n’aient pas été mis de
la même manière». On a notamment souligné la dimension spirituelle de la
promotion de la justice, en veillant aussitôt à «ne pas verser dans une
spiritualité désincarnée». En un mot, «le meilleur service à rendre dans la
promotion de justice devient donc, clairement, la proclamation de l’Evangile, non seulement avec des mots, mais surtout dans les efforts sociaux
qu’inspire et exige l’enseignement social de l’Eglise».
Les femmes et les laïcs aussi
Au cours de cette 34e congrégation, 22 documents spécifiques ont été approuvés. Un de ces documents, par exemple, traite des jésuites et de la situation des femmes dans l’Eglise et dans la société civile; il invite les
religieux à intégrer de manière nette à leur mission la «solidarité avec
les femmes» et la «réconciliation entre femmes et hommes sous toutes ses
formes».
Un autre document envisage «la coopération avec les laïcs dans la mission», avec le souci de placer davantage les laïcs en position de responsabilité et de direction au sein des oeuvres jésuites, mais aussi avec la
préoccupation de rassembler tous ces collaborateurs et autres sympathisants
des Jésuites dans un grand «réseau apostolique», qui saura cultiver des
traits de spiritualité hérités du fondateur, saint Ignace de Loyola.
Dans un autre document encore, présentant les jésuites comme «serviteurs
de la mission du Christ», les religieux sont invités à diversifier selon
les régions et les cultures leur manière d’incarner l’Evangile, sans perdre
de vue aussi que «la foi fait la justice».
Reste à espérer des fruits concrets de ces travaux et documents. C’est
le souci majeur des participants. Le Père Kolvenbach a invité chacun à ne
pas se bercer d’illusions: «La conversion ou l’absence de conversion pèseront lourd sur l’avenir de tout ce que cette Congrégation générale a élaboré, a clarifié et a décidé». (apic/jmg/pr)
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