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apic/Marcel Callo/ Autriche/ 50e ann. de sa mort

Mauthausen: 50e anniversaire de la mort de Marcel Callo (200395)

L’Eglise autrichienne se souvient de la vie du jociste français

Linz, 20mars(APIC) Mgr Maximilian Aichern, évêque de Linz en Autriche, a

célébré dimanche le 50e anniversaire de la mort du jeune travailleur français Marcel Callo sur le terrain de l’ancien camp de concentration nazi de

Mauthausen. L’évêque autrichien, tout en évoquant la vie héroïque de Marcel

Callo, a demandé à ses compatriotes de lutter contre le racisme. Un esprit

détestable s’installe aujourd’hui dans notre pays, fait de menaces contre

les minorités et contre les étrangers, a-t-il déclaré.

Marcel Callo est né à Rennes (où une rue porte son nom) en 1921. A douze

ans, certificat en poche, il commence à travailler en apprenant le métier

de typographe. Fiancé à une jociste, il adhère aussi à la Jeunesse ouvrière

chrétienne (JOC). En 1943, deux journées après le bombardement de Rennes

qui a tué l’une de ses soeurs, il reçoit l’ordre de réquisition pour le STO

(Service du Travail obligatoire, institué par l’occupant allemand). Marcel

est décidé à s’y comporter «en missionnaire pour aider ses frères jocistes». Envoyé en Allemagne, il travaille dans une usine de revolvers lancefusées. Il témoigne de sa foi chrétienne auprès de ses camarades. Un groupe

chaleureux, y compris l’aumônier allemand qui parle français, se constitue

autour de lui. Repéré par la Gestapo, qui redoute les militants catholiques, il est arrêté. Après quelques mois de prison, il est envoyé à Mauthausen (Haute Autriche), petite ville située sur le Danube, où se trouve

l’un des camps de la mort nazi.

Un régime d’avilissement de l’homme

Marcel Callo, comme les autres membres du camp est soumis au régime

d’avilissement et de destruction de la personne: la faim, la soif, le

froid, les coups, les menaces. Dans ce climat de désespoir, il parvient de

temps à autre, avec quelques prisonniers, à prier en se dissimulant: c’est

pour eux une source de joie et de force. Bientôt, à bout de souffle, il est

envoyé à l’infirmerie, près du four crématoire. Les malades y sont entassés, nus, à cinq par paillasse à même le sol. Dans cette situation de déchéance et tandis que ses forces physiques achèvent de l’abandonner, sa vigueur morale ne faiblit pas et contribue à soutenir ses compagnons prisonniers. A la mi-mars 1945, il meurt de dénutrition, de tuberculose et de dysentrie.

Sa mémoire est aujourd’hui vénérée en Allemagne et en Autriche. A l’instar, parmi d’autres, du religieux polonais Maximilien Kolbe et de la carmélite, d’origine juive, Edith Stein, deux autres victimes connues du nazisme. Marcel Callo a été béatifié par Jean Paul II le 28 juin 1987. (apictheo/kpr/ba)

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