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Rome: Tarek Aziz reçu par le pape
Le vice-Premier ministre irakien demande l’intervention
du Saint-Siège pour que cesse l’embargo de l’ONU contre son pays (160395)
Rome, 16mars(APIC) Le pape Jean Paul II s’est entretenu jeudi avec Tarek
Aziz, vice-Premier ministre de l’Irak. Ce dernier a demandé l’intervention
du Saint-Siège auprès des Nations Unies pour que l’embargo maintenu par le
Conseil de Sécurité de l’ONU depuis 1990 soit enfin levé, compte tenu des
souffrances que cette mesure entraîne pour la population.
Après son entretien avec Jean-Paul II, le responsable irakien a été reçu
par le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican et par Mgr
Jean-Louis Tauran, secrétaire pour les rapports du Vatican avec les Etats.
Celui-ci venait de rentrer d’une tournée dans le Golfe, où il a notamment
visité les Emirats Arabes Unis, le Sultanat d’Oman et l’Irak. Chaque fois,
Mgr Tauran a transmis les voeux du pape pour la paix dans la région.
C’est le seconde fois que Tarek Aziz est reçu par Jean-Paul II en moins
d’un an, et pour le même motif. La visite précédente, le 27 juin dernier,
avait été suivie, selon des sources autorisées, par une demande adressée
par le Saint-Siège aux Nations Unies pour une levée de l’embargo contre
l’Irak, mais « sans succès », précise-t-on à Rome. Tout récemment, les EtatsUnis ont encore opposé leur veto à la levée des sanctions.
Trois critères pour un embargo
Après la nouvelle visite du vice-Premier ministre irakien à Rome, le Vatican annonce qu’une grande part de la rencontre a été consacrée à la grave
situation humanitaire issue du dur régime des sanctions imposées à l’Irak
par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Le Saint-Siège ne conteste par l’embargo dans son principe, mais propose trois critères d’application, explicités dans un communiqué publié après la visite de Tarek Aziz. D’abord,
« les sanctions doivent rester un moyen temporaire de pression sur les gouvernements et doivent toujours être accompagnées d’un dialogue entre les
différentes parties ». De plus, les sanctions « ne doivent pas être un moyen
de faire la guerre à un peuple ou de le punir ». Enfin, « il est nécessaire
que soit créé un organisme qui permette de vérifier régulièrement la situation et qui, en particulier, permette un contrôle des conséquences humanitaires et, si nécessaire, propose des correctifs ».
Le 9 janvier dernier, Jean-Paul II avait déclaré devant les diplomates
réunis au Vatican à l’occasion du Nouvel An, que « l’embargo doit être manié
avec grand discernement et doit être soumis à des critères stricts d’ordre
juridique et d’ordre éthique ». Le pape s’était gardé de mentionner le nom
de l’Irak, puisque le Saint-Siège formule les mêmes exigences pour les embargos décidés ces dernières années contre d’autres pays, comme Cuba, la
Serbie et Haïti. Jean-Paul II avait ajouté: « Avant d’imposer de telles mesures, il est toujours impératif de prévoir les conséquences humanitaires
des sanctions, sans manquer de veiller à la juste proportion qu’elles doivent avoir par rapport au mal auquel précisément on veut porter remède ».
Un « lourd tribut » pour les familles
Ce n’est pas la première fois que le pape attire l’attention du corps
diplomatique sur la situation de l’Irak « qui continue de payer un lourd
tribut par des privations cruelles ». Le 14 novembre dernier, en recevant
les évêques irakiens en visite à Rome, Jean-Paul II leur avait redit un
souhait volontiers répété aux responsables politiques de la région comme à
toute la communauté internationale: « Que toutes les parties en présence
fassent des efforts pour renouer le dialogue et pour offrir l’aide nécessaire aux populations ». De tels efforts, dit-il, éviteraient aux personnes
des souffrances comme celles que vous avez en permanence sous les yeux,
souffrances qui touchent spécialement les plus faibles de la société, les
malades et les enfants. Les conditions de vie actuelle mettent aussi en
péril la vie des familles, qui ont de moins en moins les moyens de subvenir
à leurs besoins fondamentaux pour élever et éduquer les jeunes.
Le Conseil pontifical « Cor Unum », organisme coordinateur des aides
humanitaires transitant par le Vatican, passe par l’Eglise catholique chaldéenne pour accorder un soutien à la population irakienne. En avril 1992,
après la guerre du Golfe, le pape avait envoyé en Irak une mission spéciale
de « Cor Unum » afin d’évaluer les besoins et de déterminer des mesures
humanitaires à prendre.
La veille de la visite de Tarek Aziz au Vatican, le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, Joachin Navarro-Valls, qui participait à une
émission de télévision italienne sur le Jubilé de l’an 2000, a confirmé que
« le pape espère pouvoir se rendre sur les traces d’Abraham, de Moïse et de
saint Paul ». Concrètement: « Pour l’Année Sainte de l’an 2000, il souhaite
se rendre en Irak, c’est-à-dire dans l’ancienne Mésopotamie, ainsi qu’en
Jordanie, en Israël et en Syrie ». (apic/jmg/pr)
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