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Paris: L’affaire Gaillot et le Conseil permanenent de l’épiscopat (160395)
Prochaine lettre de l’épiscopat sur l’Eglise et son fonctionnement
Paris, 16mars(APIC) Les membres du Conseil permanent de l’épiscopat français, réunis à Paris les 13, 14 et 15 mars , ont évoqué les « prolongements
de l’affaire Gaillot », a indiqué jeudi lors d’une conférence de presse, le
Père Jean-Michel di Falco, porte parole de l’épiscopat. Selon lui, la prochaine visite de l’ancien évêque d’Evreux au pape, inquiète les évêques
français, car Mgr Gaillot semble croire que Jean Paul II n’aurait accepté
de le rencontrer que sous pression de l’opinion publique. Il n’en est rien,
a tenu à préciser le Père di Falco. « C’est une erreur d’invoquer le seul
rapport de force ».
Une trentaine d’évêques, parmi lesquels siégeaient exceptionnellement
Mgr Joseph Duval, président de la Conférence épiscopale, ainsi que les présidents des régions, étaient présents à Paris. Revenant sur la prochaine
visite de Mgr Jacques Gaillot au pape, le Père di Falco a précisé: « Même si
le cardinal Bernardin Gantin, préfet de la Congrégation des évêques, a pris
très au sérieux les lettres exprimant un désaccord avec la décision de la
curie romaine, les instances intermédiaires de l’Eglise jouent pleinement
leur rôle ». Il a annoncé que l’épiscopat adresserait prochainement aux catholiques français une lettre dont le thème central serait « l’Eglise et son
fonctionnement ». Pour l’heure, on ne sait pas encore qui en seront les rédacteurs.
Autre point d’importance abordé par le Conseil permanent de la Conférence des évêques. Celle-ci n’a pas jugé opportun de convoquer une assemblée
plénière extraordinaire suite à la révocation de Mgr Gaillot. A ce propos,
le Père di Falco, voulant relativiser la portée de cet événement, a répété
à plusieurs reprises que « La vie continue ». Et de dénoncer un procès d’intention, par presse et courrier interposés, qui viserait à occulter l’action de l’Eglise en faveur des exclus. Citant force chiffres à l’appui,
pour prouver que l’option préférentielle pour les pauvres est ancienne,
massive et de proximité, il a souligné en prolongement que le rôle emblématique de Mgr Gaillot, pour légitime qu’il soit, ne devrait pas réléguer
dans l’ombre tout le travail fait sur le terrain par des acteurs plus discrets.
Mgr Gaillot se verra-t-il bel et bien confier une mission d’importance
en France? « La discussion tripartite entre Mgr Gaston Poulain, évêque de
Périgueux et Mgr René Picandet, évêque d’Orléans et Mgr Jacques Gaillot
avance à petits pas. Le contact est maintenu », répond le porte-parole de
l’épiscopat en précisant que Mgr Emile Marcus n’a pas encore renconté Jacques Gaillot.
La communication dans l’Eglise
En réponse au reproche qui lui était indirectement adressé de ne pas
avoir agi avec une totale transparence sur cette affaire qui a secoué
l’Eglise de France, le Père di Falco a évoqué la difficulté de s’adresser à
la fois au grand public et aux acteurs de l’Eglise, les uns et les autres
ayant des réactions et des perceptions très différentes de cette affaire.
Il est également revenu sur la chronologie de la révocation de Mgr Gaillot.
Faisant valoir que celui-ci, initialement convoqué le 8 janvier, n’avait
pas donné réponse à la proposition qui lui était faite, au cours de son entretien au Vatican, de prendre le temps de réfléchir aux modalités de son
« départ » et d’en avertir la curie romaine. En lieu de quoi il avait annoncé
de son propre chef sa destitution aux médias. Court-circuitant ainsi, aux
yeux du Père di Falco, les services de communication de l’Eglise et suscitant des réactions à chaud alors que la gravité de l’affaire aurait demandé
un autre traitement. « Quant aux problèmes de communication au sein de
l’Eglise en général, on en discutera le moment venu » souligne encore le Père di Falco.
Qu’en est-il aujourd’hui des questions qui méritent débat au sein de
l’épiscopat après le départ de Jaques Gaillot? « Il est clair que la référence conciliaire offre une réelle ambiguïté. Chacun s’y réfère mais selon
différents points de vue. Il n’y a pas d’accord profond autour du Concile,
notamment en ce qui concerne le fonctionnement de l’Eglise et l’exercice de
la responsabilité en son sein. Il faut que les uns et les autres dépassent
leurs positions figées », a répondu le porte-parole de l’épiscopat, du moins
pour quelque temps encore. Il a en effet indiqué que son successeur, à ce
jour inconnu, serait prochainement désigné.
Les membres du Comité permanent de l’épiscopat français ont également
approuvé la décision de Mgr Jean-Charles Thomas, évêque de Versailles, de
retirer son imprimatur à la Bible des communautés chrétiennes. Celle-ci,
accusée de véhiculer un antisémitisme latent, via plusieurs versets à la
traduction maladroite, avait suscité des réactions indignées ces dernières
semaines.(apic/jnc/fs/ba)
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