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Rome: Jean-Paul II tend la main aux luthériens(150395)
« Puissions-nous célébrer ensemble le Jubilé de l’an 2000 ! »
Rome, 15mars(APIC/CIP) « Ce que nous avons en commun est plus important
que ce qui nous divise », a déclaré Jean-Paul II à une soixantaine de participants au colloque sur « Les relations entre catholiques et luthériens
trente ans après Vatican II » organisé du 12 au 15 mars à Farfa, près de Rome, par les soeurs de Sainte Brigitte.
L’Eglise Catholique était représentée par les cardinaux Josef Ratzinger
et Edward Cassidy, respectivement préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et président du Conseil pontifical pour l’Unité des Chrétiens.
L’Eglise Luthérienne, qui compte soixante millions de fidèle dans le monde,
était représentée par l’évêque Jonas Jonson, de l’Eglise Luthérienne de
Suède, par le professeur Peder Norgaard-Hojen, et par Mère Tekla, Abbesse
Générale de l’Ordre « Most Holy Saviour ».
En recevant les participants dans la salle du Consistoire au Vatican, le
pape a constaté que « beaucoup a été fait » depuis le Concile « pour surmonter
les barrières de la séparation et renforcer les liens substantiels d’unité
qui existent dorénavant entre nous ». Un résultat qui est le fruit « du dialogue théologique et de la coopération pratique », a-t-il noté.
Dialogue sur la doctrine de la justification
La conférence de Farfa, a ajouté Jean-Paul II, a été l’occasion de constater les acquis de ce dialogue, concernant notamment « la doctrine de la
justification », qui en est le point central. Celle-ci porte sur le salut de
l’homme et affirme qu’il est sauvé éternellement, non par ses oeuvres, mais
par sa foi dans le Christ Jésus. Les deux Eglises sont en controverse sur
ce point depuis 450 ans et le conflit est aujourd’hui en passe d’être complètement réglé.
Une déclaration commune est en cours d’élaboration. Selon des sources du
Conseil Pontifical pour l’Unité des Chrétiens, elle devrait être publiée en
1997. Jean-Paul II a affirmé devant son auditoire qu’il considère « avec
confiance » la rédaction de ce document commun. Il faut noter également que
la question de la « présence réelle » du Christ dans l’eucharistie ne figure
plus parmi les objets de controverse.
Pierre d’achoppement: la question des ministères
Toutefois ces points d’union ne cachent pas la réalité de désaccords,
notamment sur la question des ministères. Le pape et son auditoire en sont
conscients: « Nous savons combien il est difficile, en pratique, de donner
un juste poids aux réalités qui nous unissent, et de mettre de côté les
profondes habitudes de souligner les points, également importants, qui se
dressent encore sur le chemin d’une unité plénière et visible ».
Dans cet esprit, Jean-Paul II a encouragé son auditoire à « redoubler
d’effort » afin « que nous puissions célébrer le grand Jubilé de l’an 2000,
si ce n’est complètement unis, du moins plus proches, en ayant surmonté les
divisions intervenues au cours du deuxième millénaire ». Au regard de « ce
qui a déjà été accompli » sur le chemin de l’unité, le pape envisage cette
perspective « avec confiance ».
Levée des anathèmes prononcés au XVIe siècle
Le 16 décembre 1994, le pape avait reçu au Vatican l’évêque luthérien
Klaus Engelhardt, président du Conseil de l’Eglise évangélique d’Allemagne
(EKD), qui était venu lui faire part de la décision de son Eglise de lever
les anathèmes prononcés au XVIe siècle contre les catholiques. Le théologien luthérien Harding Meyer avait précisé à cette occasion que la signature de l’accord entre les deux confessions sur la question de la « justification » serait « comparable à la levée des excommunications entre les catholiques et les orthodoxes en 1965 ». (apic/jmg/cip/be)
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