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Allemagne: assemblée de printemps de la Conférence épiscopale (140395)
Les évêques dénoncent une politique d’asile «inhumaine»
Münster, 14 mars 1995 14mars(APIC/CIP) Inquiets du sort des nombreux
étrangers arrivés en Allemagne après la chute du Mur de Berlin, les évêques
de ce pays viennent de réclamer une révision de la loi sur le droit d’asile
afin que cessent les situations d’injustice, comme la dislocation des familles. «La politique d’asile menée actuellement en Allemagne est inadaptée, insuffisante et inhumaine. Elle doit être corrigée à brève échéance
dans la loi et en pratique», écrivent les évêques allemands dans une déclaration publiée à l’issue de leur assemblée de printemps.
Les évêques rappellent qu’en 1993, lors de discussions sur la question,
ils avaient déjà formellement mis en garde contre le danger de vider de sa
substance le droit d’asile. «Les expériences des dernières années sont pour
nous un motif de grave préoccupation», écrivent-ils aujourd’hui.
Pour la plupart des près d’un million d’étrangers qui ont afflué en Allemagne dans les deux années qui ont suivi la chute du mur, le seul moyen
d’obtenir un permis de séjour était de demander l’asile politique. C’est
pourquoi, il y a deux ans, l’Allemagne a adopté des dispositions restreignant les conditions du droit d’asile. Si le flot des candidats a diminué
depuis, cela n’a pas résolu le problème du retour de ceux à qui l’asile
était refusé.
Les évêques allemands montrent concrètement que la politique en matière
d’asile a fait place à «une politique du renvoi», qui laisse les demandeurs
sans perspective et dans le désespoir. A vrai dire, la notion de droit
d’asile est devenue «tellement complexe que le droit n’est plus effectivement garanti», si bien que «même des personnes qui sont réellement victimes
de persécution sont refoulées à la frontière sans enquête»; il s’en suit
une réaction en chaîne qui fait que les réfugiés finissent par ne plus
trouver asile nulle part.
Les évêques allemands se prononcent pour une harmonisation du droit
d’asile à l’échelle européenne. Laquelle doit se faire, avertissent- ils,
sans «donner la priorité absolue à l’intérêt propre de l’Europe», sans se
contenter «d’un consensus sur base du plus petit commun diviseur» et sans
tomber dans une politique de protection ou de refus.
Les évêques ne se prononcent pas sur la question controversée de l’accueil de demandeurs d’asile dans les églises. Mais ils remercient tous ceux
qui, dans les paroisses, prennent des initiatives pour conscientiser la population. Et ils avertissent: «Si les problèmes actuels ne trouvent pas une
solution satisfaisante, il est clair que les chrétiens qui travaillent dans
le secteur de l’aide aux réfugiés auront des problèmes de conscience.»
A l’occasion de cette assemblée de printemps, les évêques allemands ont
également rappelé, au moment où une nouvelle loi sur l’avortement est en
préparation, le principe inaliénable de la protection de l’enfant à naître.
Concernant le cours de religion à l’école, la crainte existe en Allemagne de voir ceux-ci se transformer en simples cours d’histoire. Aux yeux
des évêques, la dimension de la foi ne doit pas être absente de cet enseignement. Pour eux, «c’est un véritable défi dans la société actuelle, notamment à l’Est où, pendant quarante ans, on a tenté d’effacer le christianisme». (apic/cip/mp)
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