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Rwanda: l’avenir passe par la femme (090395)
Les Rwandaises de Belgique se mobilisent pour leurs soeurs
Bruxelles, 9 mars 1995 (APIC/CIP) L’histoire du Rwanda n’aurait-elle pas
été autre si les femmes avaient eu leur mot à dire dans la vie politique et
sociale du pays depuis l’indépendance? Pour les femmes rwandaises de Belgique, la réponse va de soi. A l’occasion de la Journée Mondiale de la Femme,
elles ont voulu marquer leur solidarité avec leurs soeurs du Rwanda, notamment en apportant leur soutien à l’ASOFERWA, une association animée par les
femmes dont le but est de venir en aide aux veuves, aux femmes et aux filles victimes de viols et à leurs enfants.
Lors d’une conférence de presse organisée mercredi à l’ambassade du
Rwanda à Bruxelles, les Rwandaises de Belgique ont rappelé que la femme, au
Rwanda, comme dans la plupart des pays d’Afrique, n’est pas seulement mère,
épouse et éducatrice, elle joue un rôle central dans l’économie de subsistance. Son statut social n’est cependant pas valorisé. Au Rwanda, dans les
années 80, 5% des postes de responsabilité politique étaient occupés par
des femmes; à l’école, 10% seulement des filles accédaient au cycle secondaire. Et ce n’est qu’en 1992 – 17 ans après le début de la décennie de la
Femme – qu’un ministère de la famille et de la promotion de la femme a vu
le jour.
Arme de nettoyage ethnique: le viol
Si, lors des précédents massacres (1959, 1973, 1990), les femmes et les
enfants avaient été épargnés, la consigne a cette fois été donnée de ne
plus commettre une telle erreur, a expliqué Rose Mukankomeje. « Les femmes
ont été la cible du viol utilisé comme arme de nettoyage ethnique, programmé et pratiqué à l’échelle nationale. Lors des arrestations et de l’exode,
des milliers de femmes ont été systématiquement violées, puis tuées. Les
violeurs s’en sont même pris à des fillettes de cinq ans et à des cadavres. » Des milliers de femmes sont accablées de grossesses résultant des
viols de la guerre. Actuellement, sur 10 femmes enceintes qui viennent en
consultation au centre hospitalier de Kigali ou à l’Hôpital de Kabgayi, 6 à
7 doivent leur grossesse aux viols, affirment les femmes rwandaises. Les
premiers enfants viennent de naître dans des conditions de grande détresse
morale et matérielle.
Après avoir subi l’enfer sans que personne n’intervienne pour leur porter assistance, les femmes rwandaises demandent aujourd’hui à la Communauté
internationale de reconnaître que « tout comme en Bosnie, au Rwanda, le viol
a été utilisé par les tueurs comme une arme de guerre. » Elles exigent que
les auteurs de ces viols sont poursuivis, jugés et punis.
L’exemple de l’ASOFERWA doit encourager les femmes rwandaises à s’engager pour la reconstruction du pays. Cette chaîne de solidarité tente de répondre aux défis auxquels sont confrontées les veuves, les femmes et les
filles victimes des viols, ainsi que leurs enfants. « Aide matérielle, soutien affectif et moral, réintégration socio-économique, éducation à la réconciliation nationale en sont les principaux objectifs », explique Antoinette Correa. (apic/cip/mp)
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