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Genève: Campagne 1995 du Centre social protestant (080395)
« Nous sommes le ’111’ du social »
Genève, 8mars(APIC) Comme chaque année au mois de mars, les Centres sociaux protestants (CSP) de Suisse lancent une campagne de recherche de fonds,
et en profitent pour informer le public sur leur activité. Bonne occasion
de mieux connaître et apprécier les multiples services (gratuits) que rendent depuis plusieurs décennies ces institutions d’aide privée. Qui dépendent, pour subsister, de diverses subventions publiques, du soutien de
l’Eglise protestante, des revenus de leur activité de brocante et de dons.
On trouve des CSP à Genève, dans le canton de Vaud, à Neuchâtel et dans
la région Berne-Jura. Nés respectivement en 1954, 1961, 1964 et 1966, ils
offrent une vaste palette de services: consultations sociales et juridiques, thérapies familiales, accompagnement de requérants d’asile, de jeunes
sans emploi, de malades en fin de vie, permanence pour chômeurs, organisation de loisirs pour retraités, récupération et vente d’objets d’occasion,
transports bénévoles, ateliers pour marginaux…
Des centaines de personnes franchissent quotidiennement le seuil des
quatre CSP de Suisse. Des personnes souvent défavorisées, qui n’arrivent
plus à faire face à leurs problèmes de vie ou de survie, qui ont besoin
d’être épaulées dans leurs diverses démarches, ou alors, tout simplement,
de trouver écoute et réconfort. Pour répondre à leur demande, 150 collaborateurs fixes – juristes, assistants sociaux, thérapeutes – et 570 bénévoles sont à pied d’oeuvre.
« Le secteur social du CSP est polyvalent, explique Pierre-Alain Champod,
assistant social au CSP de Genève. Bien que nous ne soyons pas un service
d’aide financière, la majorité de nos ’clients’ nous consulte pour des difficultés liées à la gestion de leur budget. Souvent aussi nous intervenons
pour les aider à faire valoir leurs droits. Parmi les personnes qui nous
consultent, on trouve de plus en plus de femmes et d’hommes à la recherche
d’un emploi ».
Une courroie de transmission
Le travail du CSP, cependant, ne se limite pas à des démarches d’ordre
matériel et financier, telles que demandes d’allocation-logement, de subside pour l’assurance-maladie, ou de sursis fiscal ou créancier. Une grande
partie de son action consiste à aider les gens à comprendre les données
concrètes de leur situation, et à faire comprendre cette situation aux organismes officiels. Le CSP joue donc un rôle important de « courroie de
transmission » – un rôle tout particulièrement précieux dans le domaine des
requérants d’asile, comme l’explique Yves Brutsch, responsable du secteur
réfugiés au CSP-Genève.
« les réfugiés sont des gens particulièrement dépendants et vulnérables,
qui ne maîtrisent pas la langue, ne connaissent pas nos rouages administratifs et ont de la peine à comprendre où ils en sont. Ils ignorent les critères sur lesquels ils doivent fonder leur demande d’asile. Les documents
officiels, avec leur langage compliqué, leur sont incompréhensibles. Dans
ce contexte, la consultation du secteur réfugiés est d’abord là pour expliquer, clarifier, conseiller, aider les gens à s’y retrouver. A partir de
là, nous servons souvent d’intermédiaires entre le requérant et les services officiels ».
En 1994, le secteur réfugiés du CSP-Genève a apporté son soutien à environ 600 requérants d’asile. Sans compter les demandes d’information ponctuelles, qui affluent quotidiennement.
« Le CSP, c’est un peu le ’111’ du social, souligne Yves Brutsch. Les
gens ont pris l’habitude de s’adresser à nous lorsqu’ils ont besoin d’un
renseignement, ou simplement d’être rassurés. Même si leurs demandes sont
’marginales’, nous nous efforçons de répondre. Ce rôle ’d’informateurs tous
azimuts’ est important. Fournir aux gens quelques éléments-clés qui leur
permettent de comprendre ce qui leur arrive, c’est leur permettre d’acquérir un peu plus d’autonomie ». (apic/gth/pr)
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