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El Salvador: le gouvernement heureux de la nomination du nouvel archevêque
« Un prélat qui se consacrea à sa tâche sans faire de politique » (280495)
San Salvador, 28 avril 1995 (CIP/APIC) Le gouvernement du Salvador et les
milieux conservateurs se réjouissent de la nomination comme archevêque de
San Salvador d’un prélat qui « se consacrera à sa tâche pastorale sans abuser de sa position, comme l’ont fait ses deux prédécesseurs en faisant de
la politique ».
Le nouvel archevêque de San Salvador est Mgr Fernando Saenz Lacalle, 62
ans, un Espagnol qui a étudié la chimie à l’Université de Saragosse avant
d’entrer à l’Opus Dei, où il a été ordonné prêtre en 1959. Résidant depuis
1962 à San Salvador, il avait été nommé en 1985 évêque auxiliaire de Santa
Ana. En 1994, il avait aussi succédé en qualité d’administrateur apostolique ad nutum Sanctae Sedis à Mgr Ramos Umana, assassiné en 1993, comme évêque-aumônier aux armées du Salvador.
Comme archevêque de la capitale, Mgr Saenz Lacalle succède à Mgr Arturo
Rivera Damas, décédé le 27 novembre dernier, lui-même sucesseur de Mgr Oscar Arnulfo Romero, assassiné en 1980 par les Escadrons de la mort.
Beaucoup s’attendaient à ce que le pape nomme à la tête de l’archidiocèse Mgr Gregorio Rosa Chavez, évêque auxiliaire et bas droit de Mgr Rivera
Damas, désigné par le conseil épiscopal pour assurer l’intérim en qualité
d’administrateur.
Les homélies ne sont pas des déclarations politiques
Dans sa première intervention à la télévision nationale en sa qualité
d’archevêque, Mgr Saenz a d’emblée fait savoir qu’il poursuivrait l’oeuvre
de Mgr Rivera Damas, mais qu’il entendait revoir la formule des homélies
dominicales, souvent utilisées par son prédécesseur pour s’élever contre
les violations des droits de l’homme dans le pays. « Les homélies ne sont
pas là pour faire des déclarations politiques et elles n’ont pas pour objet
de critiquer qui que ce soit ». Message reçu cinq sur cinq par le gouvernement salvadorien, « ravi » par d’aussi heureuses dispositions, a aussitôt
fait savoir Victor Lagos, vice-ministre des Affaires Etrangères, disant son
espoir que « le nouvel archevêque redonnerait à l’Eglise le rôle qui est le
sien ». René Figueroa, délégué du parti au pouvoir, l’Arena, a salué de son
côté la nomination « très heureuse » d’un homme qui saurait « se consacrer à
sa tâche pastorale sans abuser de sa position, comme l’ont fait ses deux
prédécesseurs en faisant de la politique ».
Le journal conservateur « El Diario de Hoy », qui a mené ces derniers mois
une violente campagne contre la nomination de Mgr Rosa Chavez, a accordé le
22 avril une large place à la photo de Mgr Saenz, en saluant dans sa nomination « un changement radical dans l’Eglise catholique, après deux décennies sous des évêques qui étaient sous l’emprise de la théologie de la libération ». Dans une interview accordée au quotidien, le nouvel archevêque
souligne que « la prétendue théologie de la libération, relecture du Nouveau
Testament dans une perspective marxiste, conduit à la violence ».
De son côté, le Père Dean Brackley, de l’Université Cento-Américaine de
San Salvador (UCA), constate que la nomination de Mgr Saenz est « au moins
une rupture avec le passé et remet en cause la tradition récente de l’archidiocèse ». Le jésuite dit craindre de graves tensions dans un diocèse qui
est « le plus progressiste d’El Salvador, avec de nombreux prêtres ordonnés
du temps de Mgr Rivera et de Mgr Romero, à moins que le nouvel archevêque
se révèle capable de vivre dans un sain pluralisme au sein de l’Eglise ».
(apic/cip/mp)
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