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apic/Pax Christi/Tchétchénie

Tchétchénie: Pax Christi dénonce le comportement criminel des forces russes

Crimes de guuerre et implication des pouvoirs militaires et politiques

Bruxelles, 27avril(APIC/CIP) Le mouvement catholique international Pax

Christi dénonce le comportement criminel des forces spéciales russes en

Tchétchénie. Dans une déclaration publiée à Bruxelles peu après le retour

d’une délégation de Pax Christi en Tchétchénie, le mouvement réclame l’ouverture d’enquêtes sur les meurtres, viols, exécutions sommaires, et les

tortures commis par les forces russes.

A l’heure où un Serbe se retrouve devant le tribunal de La Haye pour y

répondre de crimes de guerre, la délégation fait état, à son retour, de

«violations flagrantes et systématiques des droits de la population civile». Les violations des règles humanitaires élémentaires, de la Convention

internationale sur les droits civils et politiques ainsi que de la Constitution fédérale russe, sont d’abord à mettre au compte «des employés et des

fonctionnaires de certains départements de ministères russes de l’Intérieur

et de la Défense».

Des forces «criminelles» contre le peuple tchétchène

Le tribunal pénal international de La Haye, qui a annoncé vouloir reprendre à son compte les enquêtes pour crimes de guerre mettant notamment

en cause Radovan Karadzic, pourrait ainsi renforcer sa crédibilité en se

penchant sur les actes des chefs politiques et militaires russes en Tchétchénie.

Le mouvement catholique pour la paix dénonce en effet le «comportement

criminel», des forces spéciales dépendant du ministère russe de l’Intérieur

qui, par leurs «bombardements aveugles» et leurs «massacres arbitraires»,

ont fait beaucoup de victimes parmi la population. De plus, ces forces spéciales sont utilisées «pour piller et incendier». Les opérations militaires

fédérales ne visent pas seulement à désarmer des groupes d’opposants armés.

Pour Pax Christi, la destruction du bétail et des petites installations industrielles, les bombardements fréquents d’objectifs civils (maisons, hôpitaux, places de marché), l’incendie systématique des maisons dans les villages conquis semblent indiquer que «les autorités fédérales veulent aussi

détruire l’économie de la Tchétchénie». «Il est remarquable que les grands

complexes industriels d’intérêt fédéral, comme les raffineries et les installations pétrolières près de Grozny, ne sont pas ou presque pas endommagées», remarque ironiquement le mouvement pour la paix.

Ce n’est pas une simple lutte contre le régime du président Dzokhar Doudaev qui est engagée, mais une «campagne punitive contre la population

tchétchène», dénonce Pax Christi. Les autorités russes ont, dès le début

des hostilités, «rejeté toute démarche en vue d’une solution négociée». Or,

au fil des semaines, les massacres et pillages commis par les forces russes

ont eu pour effet de renforcer la détermination des combattants tchétchènes

et de pousser les civils à prendre les armes. Les atrocités commises par

les troupes russes ont durci l’hostilité tchétchène à leur égard et ceci

explique en partie la relative impuissance des russes à désarmer leurs opposants armés, estime Pax Christi.

Aujourd’hui, les observations recueillies sur le terrain par le mouvement pour la paix le portent à douter que les autorités russes ne soient

pas au courant des atrocités commises par les militaires fédéraux. «Le comportement criminel des troupes russes n’est-il pas plutôt soutenu par les

autorités russes qui semblent avoir le désir de détruire la vitalité du

peuple tchétchène dans son ensemble?», demande Pax Christi.

Les opérations russes ont provoqué le déplacement de centaines de milliers de Tchétchènes vers les Républiques voisines. Pour ces personnes, les

autorités locales reçoivent peu d’aide des autorités fédérales russes. Celles-ci entravent plutôt le travail des organisations humanitaires, dont les

programmes sont loin de couvrir les besoins des personnes déplacées. En outre, parmi les Tchétchènes déplacés, il y a des combattants, actifs ou potentiels: devant la menace qu’ils représentent aux yeux des hauts officiers

russes, Pax Christi craint que les forces armées fédérales «étendent le

conflit jusqu’en Ingouchie». Ainsi, le village ingouche d’Arshti, déjà bombardé deux fois et hébergeant près de 3000 personnes déplacées, pourrait

être attaqué par les troupes russes quand celles-ci auront pris Bamut et

Artsgoi-Martan, ce qui, ajoute Pax Christi, risque de provoquer «une forte

réaction» en Ingouchie.

Les appels de Pax Christi

Le mouvement catholique pour la paix, qui relance son appel de janvier

dernier au gouvernement de la Fédération russe, lui demandant notamment de

mettre fin aux hostilités en Tchétchénie et de retirer ses troupes, réclame

aussi des enquêtes judiciaires sur les cas de meurtres, d’exécutions sommaires, de tortures, de traitements inhumains et dégradants, de viols, de

pillages et d’incendies commis par les militaires fédéraux ou les unités

policières.

Le mouvement demande enfin à la communauté internationale de nommer un

rapporteur spécial pour examiner les violations des règles humanitaires et

des droits de l’homme en Tchétchénie; de soumettre toute aide économique à

la Fédération russe à l’exigence d’un respect russe des droits de l’homme;

de reconnaître que la guerre en Tchétchénie n’est plus une affaire interne

à la Fédération russe, puisque les violations des droits de l’homme et

l’étendue du drame, qui menace d’ailleurs de s’étendre aux régions voisines, suscitent la préoccupation de la communauté internationale.

(apic/cip/pr)

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