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Lausanne: Mgr Jacques Gaillot au Cercle de la presse (260495)
« Je ne demande ni titre ni charge », souligne l’ex-évêque d’Evreux
Lausanne, 26avril(APIC) « Je n’ai pas rencontré le pape à Pâques. Ce sera
peut-être… à la Trinité », a expliqué mercredi avec sérénité Mgr Jacques
Gaillot devant le Cercle de la presse de Lausanne. « Je ne demande ni titre,
ni charge », dit l’ex-évêque d’Evreux, révoqué par le Vatican le 13 janvier
dernier.
Fidèle à lui-même, parole simple et directe, voix douce, regard brillant
Mgr Gaillot entend bien le rester. « L’Eglise est ma famille. Je ne suis pas
fait pour créér une chapelle ou un mouvement. J’espère que ce qui m’arrive
sera bénéfique pour l’Eglise », répond-il à ceux qui craignent la menace
d’un schisme. La destitution de Mgr Gaillot a démontré que la révocation
d’un évêque diocèsain est possible. Prudent ou charitable, l’ex-évêque
d’Evreux se refuse cependant à l’évoquer pour des cas comme celui de Mgr
Wolfgang Haas, à Coire. « L’exclusion n’est jamais une bonne solution », relève-t-il.
Son installation depuis deux mois au ’squatt’ de la rue du Dragon, à Paris, le comble d’aise. « Le matin c’est calme comme dans un monastère. Le
soir et la nuit ça vit. » Et d’expliquer qu’après la rédaction de deux livres et la participation active aux débats liés à l’élection présidentielle
française, il voyage actuellement en France et à l’étranger pour une série
de conférences.
« Aujourd’hui, les gens vivent selon leurs intérêts et non pas selon
leurs convictions », relève-t-il. Anecdote significative: la chaîne de télévision France 2 a finalement renoncé à l’inviter de crainte qu’il tienne
des propos désobligeants à l’égard de Jacques Chirac, peut-être ’futur président’ de la République, a propos de la question du logement dans la
capitale française.
Pour Jacques Gaillot, le dialogue est une valeur de base. « Il sert non
pas à imposer ses propres vues, mais à dire où on en est de sa propre recherche ». C’est dire la gêne qu’il a éprouvé à la lecture de l’encyclique
de Jean Paul II « L’Evangile de la vie ». « Je suis gêné que l’Eglise se mette
comme en surplomb des Etats, explique-t-il. Cela ne respecte pas la légitime autonomie des Etats. » Mgr Gaillot craint aussi que ce texte soit abusivement utilisé par les militants anti-avortement, surtout dans un pays comme la France très attaché à la laïcité.
Face aux questions posées par le film « Prêtre » qui met en scène deux
prêtres, l’un concubin l’autre homosexuel, Mgr Gaillot refuse l’anathème et
préfère encore une fois la réponse du pasteur. « Que devient la personne qui
a fait voeu de célibat après 20 ou 30 ans », interroge-t-il? Le célibat l’at-il rendu plus proche des autres ou est-il devenu un ’vieux garçon’ fermé
sur lui-même? Aujourd’hui l’Eglise n’est plus en mesure d’offrir les conditions nécessaires pour bien vivre le célibat: vie communautaire solide,
prière, partage, statut social reconnu.
« Oui l’Evangile peut diviser. Jésus lui-même l’a dit et vécu. Rejeté par
les siens, il est un signe de contradiction pour les tenants de la loi »,
conclut Jacques Gaillot. (apic/mp)
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