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Cameroun: assassinat du Père Engelbert Mveng,
jésuite, pionnier de la théologie africaine (250495)
Yaoundé, 25avril(APIC/CIP) Le théologien jésuite camerounais Engelbert
Mveng a été assassiné dans la nuit de dimanche à lundi à son domicile de
Yaoundé. Selon l’oeuvre catholique allemande Missio à Aix-la-Chapelle, le
religieux, un jésuite de 64 ans, a été tué par des cambrioleurs.
Le Père Mveng enseignait depuis trente ans à l’Université d’Etat de Yaoundé, dont il dirigeait le département d’histoire. Il était l’un des plus
éminents théologiens africains.
Pionnier de la théologie africaine, le Père Mveng était un théologien
particulièrement fécond, ouvert aux disciplines les plus variées (histoire
de l’Eglise, anthropologie, art, spiritualité…). Il s’était fait connaître aussi comme artiste – poète, peintre (on lui doit un « Chemin de croix »)
et sculpteur -, en produisant un certain style d’art religieux africain. Il
était depuis de nombreuses années le secrétaire de l’Association Oecuménique des Théologiens Africains (AOTA) et membre de l’Académie des Sciences
d’Outremer.
Dans une abondante bibliographie, on signalera notamment une « Histoire
du Cameroun » (1963, 563 pages), un opuscule intitulé « Dossier culturel panafricain » (1966), « L’Afrique dans l’Eglise. Paroles d’un croyant », 1985)
et « Spiritualité et libération en Afrique » (1987), un ouvrage publié sous
sa direction au lendemain d’une rencontre panafricaine de l’AOTA (Le Caire,
août 1985). Pour que l’Eglise trouve sa pertinence en Afrique noire, il y
défendait l’idée d’un concile africain, en proposant comme clé d’interprétation de l’historicité des sociétés africaines le concept de « paupérisation anthropologique », introduisant ainsi dans le débat théologique universel autour du thème de la libération un instrument original.
Lors du récent Synode africain (Rome, avril 1994), trois évêques et
trois théologiens avaient, sur le thème « Bilan et prospectives », livré à la
presse leurs impressions et les motifs qui fondent leur optimisme. Le P.
Mveng y avait montré que la question de la libération est directement liée
à la pertinence de l’Evangile et de l’Eglise pour les peuples opprimés. La
théologie de la libération en Afrique et celle de l’Amérique Latine n’ont
pas la même origine, disait-il: la libération latino-américaine veut se libérer de l’impérialisme du capitalisme du nord et pour cela a utilisé
l’analyse marxiste. « Nous avons l’impression que l’Europe a mal compris la
théologie de la libération et a été injuste envers ses condamnations », expliquait le théologien camerounais. (apic/cip/pr)
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