Journée des malades: les évêques suisses interrogent le développement du suicide assisté

Y aurait-il un «bon» et un «mauvais» suicide? Telle est la question que pose, au nom de la Conférence des évêques suisses (CES), Mgr Marian Eleganti. Dans le message pour la Journée du malade, le 11 février 2019, l’évêque auxiliaire de Coire rappelle que le bien du souffrant ne saurait signifier la suppression de son existence.

Mgr Eleganti rappelle, dans le message publié le 24 janvier 2019, la directive récemment publiée par l’Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM). Elle préconise l’élargissement du champ d’application de l’assistance au suicide aux adolescents et aux enfants, ainsi qu’aux patients souffrant de déficiences mentales, de handicaps physiques et de polyhandicap. Selon un concept vague et non défini de «souffrance insupportable».

Contradiction manifeste

Pour l’évêque grison la contradiction est manifeste: d’une part, on vise, dans notre société, à empêcher le suicide de manière préventive, d’autre part, l’assistance au suicide n’est pas prise en compte dans la question de la prévention. «Y a-t-il d’une part un ‘bon’ suicide, qui se justifierait et pour lequel s’engagent les organisations pour l’assistance au suicide, et, d’autre part, un ‘mauvais’ suicide qu’il faudrait empêcher de manière préventive?» L’acceptation d’un «bon» suicide est propagée par les concepts «d’autodétermination», de «souffrance insupportable» et «d’autonomie», note Mgr Eleganti. Celui d’un «mauvais» suicide doit à tout prix être évité puisque ce sont exactement les motifs qui servent à justifier l’assistance au suicide qui sont remis en question ici : autodétermination et autonomie au nom desquels il serait justifié d’appliquer des mesures d’assistance et de prévention. «Pourquoi cela ne s’applique-t-il pas aussi aux suicides assistés?», interroge l’évêque.

La vie comme don de Dieu

Il rappelle, dans le message de la CES, que d’un point de vue chrétien, la vie humaine est un don de Dieu. «Le bien du malade ne saurait ainsi consister dans la suppression de son existence. Le soin des malades doit primer sur tout, car la santé et la maladie sont ‘relationnelles’. Elles dépendent ‘de l’interaction avec les autres et (ont) besoin de confiance, d’amitié et de solidarité'», explique Mgr Eleganti en citant le pape François.

Dans notre contexte, il est souhaitable que cette interaction se réalise de manière à ce que nul homme ne puisse avoir l’idée de se débarrasser de sa vie, ajoute l’évêque. (cath.ch/com/rz)

Raphaël Zbinden

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