apic/Affaire Groer/Accusations rejetées/Brèche/Solidarité épiscopale
Autriche: L’archevêque de Vienne qualifie de (090495)
diffamatoires les accusations d’abus sexuel
Le cardinal Groer sort de son silence
Vienne, 9avril(APIC) Le cardinal autrichien Hans Hermann Groer est finalement sorti samedi de son silence pour démentir les accusations d’abus
sexuels commis contre un élève du petit séminaire de Hollabrunn il y a une
vingtaine d’années. L’archevêque de Vienne a qualifié dans une interview
accordée au quotidien populaire « Kronenzeitung » de « diffamatoires » les révélations faites il y a deux semaines par l’hedomadaire autrichien « Profil ».
Le cardinal Groer, qui estimait qu’il valait mieux garder le silence
pour ne pas envenimer la situation, s’est vu dans l’obligation de rejeter
publiquement « le contenu et la forme » des diffamations et des critiques
destructives dirigées contre lui. Des telles attaques finissent par insécuriser les fidèles et les personnes bien intentionnées, suscitant l’inquiétude et le doute également à l’égard de l’Eglise, a-t-il confié à la « Kronenzeitung » de samedi. Le cardinal Groer avait maintenu jusqu’alors son silence même à l’égard de ses confrères de la Conférence des évêques avec
lesquels il venait de participer à l’assemblée plénière de l’épiscopat.
Ce démenti, considère le cardinal Groer, doit inclure tous les prêtres
et les personnes actives dans l’enseignement religieux ainsi que les écoles
et les internats appartenant à l’Eglise catholique, désormais victimes
d’une suspicion générale. « Ils méritent tous la confiance et l’estime, comme la doctrine morale catholique basée sur la loi morale naturelle et la
révélation divine, qui est indispensable tant pour l’individu que pour la
société », relève l’archevêque de Vienne.
Une solution conforme à la dignité humaine
Mgr Johann Weber, nouveau président de la Conférence des évêques d’Autriche – réélu mardi à la présidence de l’épiscopat, le cardinal Groer a
renoncé jeudi à cette charge en raison des remous que continuent à causer
les accusations portées contre lui – s’est prononcé dimanche à la télévision autrichienne ORF pour une solution conforme à la dignité humaine.
L’évêque de Graz a révélé la constitution « aussi vite que possible » d’un
groupe d’évêques et d’experts pour étudier les mesures à prendre. Ce « Conseil des sages » ne sera en fait pas une « commission d’enquête » de la Conférence des évêques, et le cardinal Groer ne sera pas cité devant une sorte
de « tribunal ».
Une enquête judiciaire sur la culpabilité ou l’innocence de l’archevêque
de Vienne est une chose qui concerne Rome, a-t-il souligné. Mais il y a
dans l’Eglise autrichienne et dans l’opinion publique une telle inquiétude
et un tel émoi qu’il faut trouver une solution conforme à la dignité
humaine mais qui ne dissimule pas la vérité. En aucun cas, il ne s’agira
d’une « action secrète », a assuré Mgr Weber.
Le nouveau président de la Conférence épiscopale s’est assigné pour tâche de rétablir la confiance dans l’Eglise d’Autriche, qui est confrontée
depuis deux semaines à sa plus grave crise depuis 50 ans. Vendredi, Mgr Weber avait souhaité que l’ »affaire Groer » soit tirée au clair par une commission d’enquête, rappelant que l’Eglise se devait d’être une « maison de
verre » et ne pas donner l’impression que les personnes haut-placées « peuvent faire ce qu’elle veulent ». Il a estimé que l’actuel archevêque de
Vienne doit pouvoir bénéficier comme tout un chacun de la présomption
d’innocence.
Une brèche dans la solidarité des évêques
Dimanche, Mgr Reinhold Stecher, évêque d’Innsbruck, dans une « Déclaration sur les récents événements dans l’Eglise catholique d’Autriche », a reconnu qu’il n’était pas particulièrement glorieux à l’heure actuelle de
faire partie de la Conférence épiscopale autrichienne. Pour la première
fois, on peut noter une brèche dans la solidarité des évêques autrichiens
unis jusqu’à présent derrière Mgr Groer. Mgr Stecher a laissé entendre indirectement que le cardinal Groer devrait renoncer à ses fonctions d’archevêque de Vienne, car il devrait être clair dans l’Eglise que la position de
l’évêque est finalement sans importance et que c’est le bien de l’Eglise
qui est seul important.
L’évêque d’Innsbruck aurait souhaité dès le début de l’ »affaire » que le
cardinal Groer prenne clairement position sur les accusations dont il est
l’objet. Mgr Stecher l’avait fait savoir sans équivoque au sein de la Conférence des évêques. Et de souligner que des attestations de solidarité à
l’égard d’une personne accusée qui ne s’exprime pas de façon circonstanciée
sur les reproches qui lui ont été adressés passent rapidement pour de la
« fausse camaraderie ». (apic/kpr/be)
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