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Vatican: la lettre du pape aux prêtres

commentée par deux femmes et deux prélats (070495)

Rome, 7avril(APIC) Deux femmes, un cardinal et un archevêque ont présenté

à la presse la lettre du pape aux prêtres pour le Jeudi-Saint, axée cette

année sur «l’importance de la femme dans la vie du prêtre».

Lidice Gomez Mango, mère de famille de nationalité uruguayenne qui enseigne dans une faculté catholique romaine, Graziella Vattuone, mère de famille italienne dont un fils est prêtre, ainsi que le cardinal José Sanchez

et Mgr Crescenzio Sepe, respectivement président et secrétaire de la Congrégation romaine pour le clergé se sont ainsi prêté vendredi au jeu du

commentaire…

«Quand un prêtre quitte le sacerdoce, c’est autant de sa faute que de

celle de la femme», répond avec une vigueur toute napolitaine Mgr Sepe à

une journaliste qui, choquée, lui demande ce que veut dire le pape quand il

parle de «ceux qui ont abandonné le sacerdoce à cause d’une femme».

Pour Lidice Gomez Mango, Jean-Paul II n’a pas une vision négative de la

femme. «Je suis frappée encore une fois de la constance et de la profondeur

du dialogue avec la femme que le magistère de Jean-Paul II est en train de

développer avec une particulière intensité», dit-elle. Elle ajoute, en regardant les deux prélats de la tribune: «Peut-être est-ce parce que le pape

s’est rendu compte qu’ils ne l’ont pas encore fait que, dans sa lettre, il

demande aux prêtres et aux évêques de relire l’encyclique «Mulieris dignitatem» (La dignité de la femme), ce qui me paraît extrêmement important.»

Plus réservée mais plus âgée, Graziella Vattuone dit sa fierté d’être la

maman d’un prêtre et de considérer par là tous les autres prêtres comme

«ses enfants». C’est les larmes aux yeux qu’elle conclut sa communication:

à un journaliste qui lui demande quels conseils elle donnerait à une mère

dont le fils prêtre est en crise, elle répond: «S’il est en crise, c’est

qu’il a perdu la liberté qui lui avait fait dire oui au sacerdoce. Il faut

voir pourquoi et l’aider à redevenir un homme libre.»

Le prêtre n’est pas un fonctionnaire

Le cardinal Sanchez rappelle que c’est Jean-Paul II qui a inauguré les

lettres aux prêtres à l’occasion du Jeudi-Saint. C’est, dit-il, parce qu’il

se sent «d’abord prêtre» et qu’il éprouve le besoin d’aider ses «frères

prêtres». Le cardinal signale que le but fondamental de la lettre de cette

année est la sanctification des prêtres. En effet, «le prêtre n’est pas un

fonctionnaire, de sa sainteté dépendent les adhésions au Christ, de sa négligence les départs des fidèles».

Dans cette «économie de la Providence, le nombre n’est prêtres n’est pas

la question essentielle, ajoute le cardinal: ce qui compte, c’est leur

sainteté, comme on le constate dans les pays où l’évangélisation est très

dynamique alors que le nombre de prêtres par habitants est très faible».

Un avenir prometteur

A propos du nombre des prêtres, Mgr Sepe signale qu’il a augmenté de

65,5% entre 1978 et 1993; dans le même temps, le nombre des ordinations a

augmenté de 47,6%. Le nombre total des prêtres de l’Eglise catholique n’en

a pas moins baissé – de 416’320 en 1978 à 404’570 en 1993 – en raison du

nombre des décès. Les situations sont très variables selon les régions,

précise-t-il, mais «l’avenir s’annonce prometteur», même si les pays qui

ont fourni les plus forts contingents de prêtres au cours de ce siècle n’en

donnent presque plus. De ce point de vue, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique

Latine «se portent bien»; c’est le cas aussi de l’Europe de l’Est, où les

séminaires sont pleins à craquer et où il faut quasiment refuser un candidat sur deux après un examen pour vérifier la maturité de la vocation.

Quant au célibat sacerdotal et à l’impossibilité pour les femmes de devenir prêtres, il s’agit dans les deux cas de «la volonté du Christ», répète Mgr Sepe. Le prélat est conscient que, «les prêtres n’étant pas des anges», certains éprouvent des difficultés pour rester fidèles au célibat.

«Mais l’immense majorité des 400’000 prêtres de l’Eglise vivent cet engagement libre avec beaucoup de fidélité et un héroïsme silencieux. Sur cette

question, le pape est loin d’être isolé», assure-t-il. (apic/jmg/pr)

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