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Soudan: Mgr Taban dénonce la complicité du
gouvernement dans le commerce d’enfants esclaves
Les manoeuvres de Khartoum pour diviser musulmans et chrétiens (310595)
Paris, 30mai(APIC) Il n’y a pas de guerre de religion dans le sud du Soudan, il n’y a qu’un gouvernement qui utlise la religion comme moyen de division, estime Mgr Paride Taban. De passage à Paris, l’évêque de Torit, au
Sud Soudan, a évoqué pour l’APIC la situation de ce pays. En passant en revue la nouvelle loi sur le statut des Eglises chrétiennes, contesté et rejeté par ces dernières, en réitérant ses accusations contre le gouvernement
de Khartoum, qui ferme les yeux sur le commerce d’enfants esclaves.
Soulignant la dimension économique du conflit entre le Soudan du sud et
du nord, Mgr Taban a fait remarquer que le sud du pays contient de riches
gisements de pétrole, de gaz et d’uranium, objets de la convoitise du gouvernement. Ce dernier «utilise la religion comme moyen», alors que, affirme
Mgr Taban, il n’y a pas de guerre de religion chez nous. «Musulmans et
chrétiens s’entendent bien. Beaucoup de musulmans de mon diocèse m’appellent leur évêque, et les autorités de l’une et l’autre religion se sont
toujours entendues».
Selon l’évêque de Torit, ce sont les fondamentalistes qui posent problème, aux musulmans comme aux chrétiens. Le nombre de ceux-ci, a-t-il indiqué, a été multiplié par deux depuis 1983. Et de préciser qu’il a confirmé
le 7 avril dernier 1’600 personnes de son diocèse.
Dans la capitale même, Khartoum, les chrétiens seraient toujours plus
nombreux, affirme encore Mgr Taban, inquiet des nouvelles dispositions gouvernementales sur le statut des Eglises chrétiennes, désormais assimilées à
des associations bénévoles dont les règlements et statuts peuvent être
amendés par les ministres (gouvernementaux) de tutelle. Le directeur du registre ayant de plus autorité pour les annuler et confisquer leurs biens.
La porte ouverte à tous les abus. Les évêques catholiques soudanais l’ont
du reste bien compris, en dénonçant cette nouvelle loi et en refusant d’y
être assujettis.
Mgr Taban a enfin réitéré ses accusations contre le gouvernement. Ce
dernier, a-t-il assuré, ferme les yeux sur le commerce d’enfants esclaves
vendus selon les régions entre 75 et 250 francs suisses. Non content d’encourager ce commerce, Khartoum mobilise ses troupes pour empêcher les enquêtes officielles et les journalistes de faire leur travail.
Mgr Taban a déclaré avoir sollicité une intervention du gouvernement en
vue de rétablir le pont aérien du SEOC (Consortium oecuménique d’organismes
d’Eglises), qui livrait au Sud-Soudan une aide alimentaire. Les autorités
du pays y ont en effet mis un terme depuis janvier 1995. (apic/jcn/pr)
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