Le cardinal hongrois Mindszenty, figure anti-communiste, va être béatifié

Le pape François a reconnu le 13 février 2019 les vertus héroïques du cardinal hongrois Joszef Mindszenty (1892-1975). L’ancien archevêque d’Esztergom-Budapest est une célèbre figure de la résistance au communisme.

Joszef Mindszenty fut l’une des personnalités les plus actives dans la lutte contre les totalitarismes au XXe siècle en Europe centrale, qu’il s’agisse du fascisme ou du communisme. La synthèse du dossier (la positio) concernant le cardinal Mindszenty a été déposée le 2 décembre 2016 à la Congrégation des causes des saints. La positio rassemble tous les éléments de l’enquête diocésaine sur les vertus du candidat, afin d’être examinée par des experts.

Alors jeune prêtre, il avait déjà été arrêté une première fois en 1919 par le régime de la République des conseils de Hongrie, de Béla Kun, à laquelle il s’oppose. Nommé évêque en 1944, il est de nouveau emprisonné par le régime fasciste hongrois du Parti des Croix fléchées, puis libéré en avril 1945.

Nommé en 1945 archevêque d’Ezstergom-Budapest, et donc primat de Hongrie, Mgr Mindszenty est créé cardinal par Pie XII en 1946. «Je veux être un bon pasteur, disait-il le 8 décembre 1945, un pasteur prompt à donner sa vie pour son troupeau». Il fonde des paroisses, organise des pèlerinages – jusqu’à 100’000 personnes au sanctuaire national du pays.

Torturé et condamné à la prison à vie

Mais le régime communiste se durcit: le lendemain de Noël 1948, il est arrêté pour trahison, conspiration et non-respect des règles de l’Etat. Pendant 39 jours, il est torturé et finit par signer sous la contrainte des aveux. En 1949, il est condamné à la prison à vie. Pie XII excommunie quiconque a été impliqué dans son procès et sa condamnation.

Libéré lors de l’insurrection de Budapest en 1956, il participe à la lutte contre le régime stalinien et apporte son soutien au réformiste d’Imre Nagy. Lors de l’intervention des troupes soviétiques, qui matent la révolte hongroise, il doit se réfugier à l’ambassade des Etats-Unis à Budapest, qu’il ne quittera pas pendant 15 ans, hébergé au titre de l’asile politique. Il y mène une vie de prière et de silence. Jusqu’à ce que Paul VI, en 1971, le déclare «victime de l’Histoire» (plutôt que du communisme) et lève l’excommunication de 1949, lui permettant de quitter la Hongrie pour l’Autriche. Il s’éteindra quatre ans plus tard, sans jamais avoir renoncé au titre de primat de Hongrie, bien qu’un nouvel archevêque ait été nommé pour le diocèse de la capitale hongroise dans le cadre d’un accord entre le Saint-Siège et le gouvernement.

Cette période douloureuse a beaucoup marqué les catholiques de Hongrie, et reste symbolique du combat mené par «l’Eglise du silence» dans les pays communistes.

La joie des catholiques de Hongrie

L’annonce de ce nouveau pas vers la béatification du cardinal Mindszenty a été accueillie avec une grande émotion en Hongrie, rapporte le site Vatican News. L’actuel archevêque d’Esztergom-Budapest, le cardinal Peter Erdö, a expliqué dans un communiqué publié le 13 février 2019 que son prédécesseur portera désormais le titre de «vénérable». (cath.ch/vaticannews/be)

Jacques Berset

Portail catholique suisse

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