apic/Avenir de Jérusalem/Inquiétudes du COE
Genève:Le Conseil oecuménique des Eglises (250595)
(COE) s’inquiète de l’avenir de Jérusalem
Doutes sur la bonne volonté israélienne et la capacité des Nations Unies
Genève, 25mai(APIC) Les responsables du Conseil oecuménique des Eglises
(COE) à Genève, de retour d’une mission à Jérusalem, ont de profonds doutes
sur la capacité et la volonté du gouvernement israélien et des Nations
Unies à assurer un avenir pacifique et durable pour Jérusalem. Ils l’ont
fait savoir mercredi à la presse.
«Le gouvernement israélien considère Jérusalem comme la capitale éternelle d’Israël et estime qu’il n’y a rien à négocier au sujet de Jérusalem», a déclaré Konrad Raiser, secrétaire général du COE, au cours d’une
conférence de presse tenue le 24 mai au Centre oecuménique de Genève. Le
COE considère la position israélienne comme inacceptable.
«Nous n’acceptons pas cette position», a souligné Konrad Raiser, qui
était à la tête de la délégation du COE qui s’est rendue à Jérusalem la semaine dernière pour rencontrer des responsables religieux et des leaders
politiques, entre autres le premier ministre israélien Itzhak Rabin et le
président de l’autorité nationale palestienne Yasser Arafat.
Konrad Raiser estime que c’est une «illusion absolue» de la part de la
communauté internationale de croire que des négociations de paix sur une
base de «bonne volonté» auraient lieu en vue de garantir un règlement négocié sur l’avenir de Jérusalem. Alors que de nombreuses personnes
reconnaissent que la meilleure solution pour Jérusalem serait une
«internationalisation» de la ville, accompagnée de garanties des Nations
Unies, a précisé le pasteur Dwain Epps, coordinateur des affaires
internationales auprès du COE, et membre de la délégation, il y a une
déception de plus en plus forte quant à la «capacité des Nations Unies à
apporter des garanties efficaces».
Jérusalem devrait faire l’objet d’une négociation internationale
«Nous avons reconnu en général depuis longtemps que l’avenir de Jérusalem devait faire l’objet d’une négociation internationale, dans le cadre
des Nations Unies», a souligné Dwain Epps. «Cette position ne change pas.»
Mais les responsables chrétiens, a-t-il précisé, ont souligné la nécessité
de garder le statu quo de Jérusalem concernant la situation juridique particulière des lieux saints.
Dwain Epps a ajouté que les responsables d’Eglise à Jérusalem voulaient
qu’un «statut spécial pour Jérusalem soit négocié par le gouvernement israélien et l’autorité nationale palestinienne en consultation avec les responsables religieux de Jérusalem». Ils ont mis en doute, a-t-il dit, la capacité des Nations Unies à être l’instrument exclusif qui permettrait de
fournir les garanties internationales.
Les responsables d’Eglise ont mis l’accent sur l’impuissance des Nations
Unies à obtenir l’application d’une série de résolutions depuis 1967.
D’autres solutions qui impliqueraient les Nations Unies mais ne feraient
pas de celles-ci le seul instrument pour l’application des garanties
devraient être trouvées, a ajouté D. Epps.
Une mobilisation massive en faveur des chrétiens de Jérusalem
K. Raiser a aussi rappelé qu’une des principales inquiétudes des responsables d’Eglise qu’il avait rencontrés à Jérusalem concernait l’avenir
des chrétiens vivant dans la ville et à l’extérieur. Ces responsables
d’Eglise craignent en effet que Jérusalem ne devienne une ville où «il y
aurait seulement des lieux saints mais pas de communauté chrétienne». Il
est clair, a ajouté Konrad Raiser, qu’une mobilisation massive – spirituelle, morale, politique et matérielle – de la communauté internationale est
nécessaire pour soutenir les chrétiens de la région, tout comme les communautés juives et musulmanes de la région ont l’appui de leurs partenaires
internationaux.
Selon le COE, «au cours des trente dernières années, la population chrétienne de la région n’a cessé de décroître. Aujourd’hui, les chrétiens ne
représentent plus que 2,3 % de la population en Cisjordanie et à Gaza». En
même temps, a ajouté le secrétaire général du COE, les responsables chrétiens de la région ont réalisé qu’en tant que membres d’une communauté minoritaire, les chrétiens avaient un rôle particulier à tenir, qui consiste
à «laisser un espace ouvert pour la rencontre» et à s’élever contre «les
revendications exclusives» concernant Jérusalem.
Interrogé sur la possibilité d’une coopération du COE avec le Vatican,
qui avait l’an dernier normalisé ses relations avec Israël et poursuit le
dialogue avec le gouvernement israélien, Konrad Raiser a déclaré, lors de
la conférence de presse, que l’éventualité d’une approche commune avec le
Vatican était restreinte, car le Vatican allait probablement mettre l’accent sur son statut spécial «en tant qu’Etat».
Toutefois, le représentant du Vatican à Jérusalem a assuré Konrad Raiser
que le Vatican s’efforçait d’obtenir l’assurance que les privilèges obtenus
dans les négociations avec Israël seraient partagés par d’autres communautés chrétiennes. Konrad Raiser s’est rendu à Jérusalem, en Cisjordanie et à
Gaza, du 15 au 21 mai, à l’invitation des Eglises membres du COE dans la
région. (apic/eni/be)
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