Au lendemain de la première visite officielle qúil a effectuée en sa

LE PROCESSUS DE PAIX ISRAELO-PALESTINIEN CONNAIT UNE CRISE GRAVE

qualité de secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE)

auprès des Eglises membres de Jérusalem, de Cisjordanie et de Gaza, le

pasteur Konrad Raiser a déclaré que le processus de paix connaissait une

crise grave.

Au cours de cette visite, il a eu des entretiens avec des responsables

d’Eglises, des personnalités religieuses et lai »ques des communautés

chrétiennes locales, des dirigeants politiques et des animateurs de projets

communautaires.

A son retour au siège du COE à Genève, le pasteur Raiser a fait cette

déclaration:

« Les possibilités qui existent d’entamer une seconde série de négociations

dans le processsus de paix actuel semblent minces. Dans les conversations

que j’ai eues avec le premier ministre Itzhak Rabin et le ministre des

affaires étrangères Shimon Pérès, tous deux se sont dits préoccupés par

l’étroitesse de leur majorité à la Knesset, ce qui les incite à envisager

avec prudence toute nouvelle initiative spectaculaire avant les élections

de 1996. L’un et l’autre ont souligné les problèmes de sécurité qui

semblent l’emporter sur leur engagement à poursuivre le processus de paix.

Le président Arafat a parlé d’une impasse totale dans le processus de paix,

due à l’intransigeance des Israéliens, et du sentiment d’être abandonné

par la communauté internationale. Du côté palestinien, nous avons entendu

de nombreuses mises en garde selon lesquelles, si le processus de paix ne

reprend pas son cours, les événements risquent d’aboutir à un soulèvement

général, peut-être même à une explosion de violence incontrôlable. »

La visite du pasteur Raiser et de sa délégation s’inscrit dans l’histoire

des préoccupations du COE qui s’est intéressé à cette région dès sa

création en 1948. A maintes reprises, le COE a affirmé sa conviction que la

reconnaissance mutuelle, sur un pied d’égalité, du peuple israélien et du

peuple palestinien était l’unique garantie de la paix et de la sécurité

dans la région. Il a affirmé en outre que les droits à l’autodétermination

de ces deux peuples sont interdépendants. Cette ligne politique a été

réaffirmée pour la dernière fois par le Comité central du COE à sa session

de mars 1990, dans le cadre d’un Appel à la prière pour la paix en Terre

Sainte.

Par l’intermédiaire de ses Eglises membres, le COE, depuis plus de quarante

ans, s’efforce de subvenir aux besoins des habitants de la région, en

particulier des personnes déplacées et déracinées, recherchant la justice

et travaillant pour la réconciliation.

En septembre 1993, le Comité exécutif du COE a accueilli avec une vive

satisfaction la signature d’un accord entre Israe »l et l’Organisation de

libération de la Palestine, bien que, dans le même temps, il reconnaissait

que cette « avancée » ne garantissait pas encore la paix ni n’assurait la

justice. L’application complète de cet accord, dans les plus brefs délais

possibles, soulignait-il, était indispensable.

L’objectif de la visite était de se rendre auprès des Eglises membres et

d’entendre les responsables politiques et religieux faire leur évaluation

de la situation actuelle. A la suite des divers entretiens qúils ont eus,

le pasteur Raiser et les membres de sa délégation ont fait les observations

suivantes:

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