Jérusalem: La déclaration historique commune relative au statut de

1. Mémorandum des patriarches et des chefs des communautés chrétiennes de

Jérusalem, signée le 14 novembre 1994, devrait être réaffirmée et recevoir

notre soutien. Selon cette déclaration, «(Jérusalem) ne peut pas appartenir

exclusivement à un seul peuple ou à une seule religion». Jérusalem requiert

un «statut politique et juridique spécial qui reflète l’importance et la

signification universelles de la ville». L’expérience, conclut-elle, montre

que tout statut, quel qúil soit, conféré à Jérusalem en tant que «ville

ouverte», devrait bénéficier de la protection de garanties internationales.

La délégation a pris connaissance de plusieurs plans mis au point par les

Eglises et d’autres organisations religieuses de la région en vue

d’organiser des entretiens sur le caractère spécifique de Jérusalem.

2. Confiscations de terres et droits de construire: La délégation a

entendu de nombreuses plaintes formulées par des Palestiniens et par des

défenseurs israéliens des droits de l’homme concernant la politique

israélienne de confiscation des terres. Cet état de choses, jugeait-on,

modifiait la situation sur le terrain en devanc,ant les négociations, en

particulier dans le cas de Jérusalem dont le caractère et l’équilibre

démographiques uniques se trouvaient ainsi transformés.

D’autres plaintes très vives concernaient le refus des autorités

israéliennes d’accorder des permis de construire à des Eglises et à

d’autres sur des terres appartenant à des Arabes. Dans plusieurs cas,

a-t-on rapporté à la délégation, la raison alléguée pour justifier ce refus

était que les zones en question avaient été classées «ceinture verte». Mais

on a cité certains exemples o# ces mêmes zones, une fois confisquées au

profit de propriétaires israéliens, avaient été reclassées terrains à bâtir

et le permis de construire accordé.

3. Fermeture des frontières: La délégation a entendu de multiples

témoignages sur les difficultés et le coût économique très élevé qúont

entraînés les nombreuses fermetures, par les autorités israéliennes, de

postes frontières vers Jérusalem, la Cisjordanie et en particulier Gaza.

L’interdiction d’entrer dans Jérusalem durant la semaine sainte, cette

année, a été citée pour illustrer l’humiliation et les souffrances causées

par ces mesures. Il est à noter aussi que ces fermetures empêchent de

nombreuses personnes de parvenir jusqúà leur lieu de travail, ou de se

rendre dans les hôpitaux, les écoles et d’autres établissements sociaux.

4. La notion de «paix»: La délégation a observé, de toutes parts, un

cynisme grandissant concernant le processus de paix. Elle estime que les

populations risquent d’en venir à ne plus comprendre véritablement les

implications de la paix, et considère qúil faut tout faire pour empêcher ce

mot de devenir un slogan politique vide de sens.

Pour les autorités israéliennes, la paix est synonyme de sécurité

nationale, obtenue, s’il le faut, par des moyens militaires.

La délégation estime qúil faut redonner à la notion de paix un sens qui

dépasse les définitions étroites et convaincre les personnes concernées

qúune sécurité authentique ne peut être fondée que sur l’instauration de la

justice pour tous.

Du côté palestinien, on a entendu à maintes reprises cette exclamation: «Ce

que nous avons là n’a rien à voir avec la paix!»

Dimension internationale: De nombreux Palestiniens ont été profondément

déc,us de ce qúils ont considéré comme l’échec de la communauté

internationale à remplir les promesses politiques et économiques faites au

lendemain des accords d’Oslo pour soutenir le processus de paix.

La visite de la délégation a coi»ncidé avec la décision des Etats-Unis

d’Amérique de recourir, pour la première fois depuis cinq ans, à leur droit

de veto pour s’opposer à une résolution du Conseil de sécurité relative aux

confiscations de terres par Israe»l. Les Palestiniens ont déclaré se sentir

abandonnés et trahis par cette décision, sentiment tempéré par le soutien

des quatorze autres membres du Conseil de sécurité qui avaient voté en

faveur de la résolution critiquant l’attitude d’Israe»l.

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