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apic/Secours catholique/Jacques Chirac

France: «Le Secours catholique» présente ses revendications (230595)

sociales au Président de la République Jacques Chirac

«L’avenir des pauvres, un devoir d’Etat»

Paris, 23mai(APIC) Denis Vienot, président et secrétaire général du Secours catholique vient de présenter au Président de la République française

Jacques Chirac un document intitulé: «L’avenir des pauvres, un devoir

d’Etat». Un document dans lequel sont également exposés les résultats d’un

sondage effectué auprès de 400 maires de France concernant les politiques

locales de lutte contre l’exclusion.

L’oeuvre d’entraide «Le Secours Catholique» profite des prochaines élections municipales pour saisir les pouvoirs publics de la question de la

grande pauvreté et de l’exclusion. Fort de son expérience sur le terrain,

il en appelle à une moblisation tous azimuts et fait des propositions pour

une politique de l’emploi, du logement social et de l’accueil des réfugiés.

Concernant l’emploi, Le Secours catholique rappelle qu’en France un chômeur sur sur cinq a moins de 25 ans. Les jeunes sont donc «une priorité absolue qui nécessite un plan cohérent, liant étroitement prévention, formtion et insertion. Autre volet abordé: la représentation des exclus qui

doivent être présents dans toutes les instances, privées et publiques où se

décident leur avenir.

Mesures contre le chômage

Quant aux propositions de Jacques Chirac qui veulent mesurer l’impact

social de toute mesure gouvernementale et créer le Contrat initiative emploi (CIE), Le Secours catholique se dit perplexe. Certes, le CIE qui permet l’exonération totale des charges patronales et une prime de 2’000

francs par mois durant 2 ans pour les entreprises qui embauchent des chômeurs de longue durée, est une décision intéressante, mais ajoute le Secours catholique, il ne faudrait pas pour autant négliger les personnes qui

tombent actuellement dans le chômage. Quant au nouveau ministère de l’Intégration et de lutte contre l’exclusion, l’oeuvre catholique d’entraide le

reçoit avec cette réserve: «Attention au saupoudrage et à ne pas enfermer

les gens dans un ghetto. Dommage qu’il ne soit pas rattaché au Premier ministre».

Concernant le logement social, Le Secours catholique rappelle que 28%

des personnes qu’il accueille – il répondu à 680’000 situations de pauvreté

en 1994 – font état d’un hébergement précaire. Il demande qu’une politique

globale soit engagée, que les dispositifs actuels soient simplifiés et unifiés. Il en appelle à un engagement accru des Préfets qui doivent davantage

jouer un rôle mobilisateur. Autre revendication: une plus grande transparence dans l’attribution des logements sociaux. Face à la proposition de

Jacques Chirac de faciliter l’accès à la propriété, Le Secours catholique

rétorque: «Cette proposition n’est pas prioritaire, mais bien le droit au

logement tout court». Corollaire de cette question, celle du développement

local. Le Secours catholique met en garde contre la création de nouveaux

ghettos et réclame une péréquation fiscale entre les municipalités.

Politique envers les réfugiés

Troisième volet du document du Secours catholique: la politique à

l’égard des réfugiés et personnes déplacées. Pour la première fois en France, les demandes d’attribution du statut de réfugié ayant abouti favorablement ont diminué de 16 %. Le Secours catholique demande que la définition

du dit statut soit réadaptée aux nouvelles réalités internationales et que

l’Union Européenne s’attaque aux vraies causes des déplacements de populations. Il rappelle la responsabilité de la France en Afrique (continent qui

représente 50% de la population mondiale déplacée) et estime qu’elle doit

s’y engager davantage en condamnant plus fermement les dictatures. (apicjcn/ba)

E N C A D R E

A ce jour, 40% des maires n’ont pas sollicité le renouvellement de leur

mandat, estimant que leur charge est devenue trop lourde. Un sondage Sofres/Secours catholique sur leur attitude face à l’exclusion révèle que 88%

d’entre eux estiment que les personnes qui y sont exposées sont peu nombreuses. Sachant que 90% des communes ont moins de 2’000 habitants, la question se pose de savoir si les pauvretés dans le monde rural seraient moins

bien perçues. Le premier sujet d’inquiétude des maires concerne (à 66%) les

jeunes sans emploi. Par ailleurs, un maire sur trois affirme que la commune

n’a ni les moyens, ni le devoir d’apporter une aide aux personnes en situation précaire. Les communes placent au premier rang de leur effort les services d’aide à domicile, surtout destinés aux personnes âgées. 72% d’entre

elles considèrent que l’Etat doit renforcer son contrôle sur leur action

dans le domaine social. La lutte contre l’exclusion reste donc aux yeux des

maires avant tout une affaire qui concerne d’abord l’Etat. Le Secours catholique s’en inquiète car les communes sont plus près de la réalité quotidienne des gens, et comme telle, un maillon précieux de la lutte contre la

grande pauvreté. (apic/jcn/ba)

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