Zaïre: passeports retirés à Kananga Tactique de survie ou châtiment ?
Lorsqúun étranger débarque à l’aérogare de Kananga (Kasai occidental), son
passeport international lui est systématiquement retiré par le Service
National d’Intelligence et de Protection (SNIP). Il ne le récupérera
qúaprès plusieurs jours, moyennant le paiement d’une somme variant de 1.000
à 3.000 francs belges. Tactique de survie ou châtiment ?
Cette procédure, manifestement contraire au droit international, touche
même les missionnaires en provenance de Mbujimayi, ville toute proche de
Kananga, venant par exemple animer des sessions de formation d’une durée de
deux ou trois jours. Selon un coopérant sur place, la mesure semble n’être
d’application que dans la seule ville de Kananga, et des protestations
auprès du SNIP et du gouverneur sont restées sans suite. Et de
s’interroger: les fonctionnaires du SNIP veulent-ils ainsi s’assurer
quelques bénéfices ? sont-ils encore payés ? ou est-ce une tactique
imaginée par les autorités pour « punir » Kananga, dont la population
persiste à refuser la nouvelle monnaie ? En effet, les anciennes coupures y
ont toujours cours et n’ont plus dévalué, tandis que le nouveau zaïre est
boycotté et ne cesse de perdre de sa valeur.
Les rares étrangers qui ont encore le courage de se rendre à Kananga sont
pour la plupart des membres des Organisations non gouvernementales venus
porter secours aux réfugiés ou aux enfants de la rue, ou encore travailler
dans des projets de développement ou d’assistance médicale. Pour l’un
d’eux, il ne fait guère de doute que les autorités, en créant des
difficultés aux coopérants, espèrent toucher la population. (cip)
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