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Rome: Lettre apostolique du pape «Orientale lumen»
L’importance de l’Orient chrétien pour l’Eglise universelle (020595)
Pour marquer le centenaire de la lettre «Orientalium dignitas» de Léon XIII
Rome, 2mai(APIC) Dans sa nouvelle lettre apostolique, rendue publique
mardi et intitulée «Orientale Lumen» Jean-Paul II invite à une meilleure
connaissance réciproque entre l’Eglise latine et les Eglises orientales et
à un dialogue plus intensif avec l’orthodoxie. Le pape plaide pour la réconciliation et l’unité dans la diversité, 100 ans après la lettre «Orientalum dignitas» du pape Léon XIII qui prônait la recherche de l’unité avec
les chrétientés orientales.
Il convient de distinguer ce document d’une cinquantaine de pages de la
future encyclique sur l’oecuménisme, annoncée pour Pentecôte, a précisé le
cardinal Achille Silvestrini, mardi lors d’une conférence de presse à Rome.
Dans cette lettre sur les Eglises orientales, catholiques et orthodoxes,
«Jean-Paul II, ne traite pas des points de doctrine qui peuvent avoir été
sujets à controverses», relève le préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales. Le pape «s’adresse aux Eglises d’Orient avec une grande admiration et une grande humilité».
Une très lourde responsabilité
«Fils du peuple slave», le pape se dit particulièrement sensible «au péché de division» entre catholiques et orthodoxes. Jean Paul II affirme donc
«la nécessité d’aller au-delà du degré de communion que nous avons atteint
jusqu’ici».
Le pape entend prendre ce problème à sa racine. La cause même de la division ne lui paraît «pas tant un incident historique ou une simple question de prééminence», mais «plutôt un éloignement progressif» des deux
Eglises. Pour retrouver l’unité, la voie est celle de la reconnaissance réciproque. Le pape «recommande instamment» aux catholiques de «fréquenter»
le patrimoine religieux et spirituel de l’orient chrétien, catholique et
orthodoxe. L’enjeu de cette démarche tient en un mot, plusieurs fois répété
dans le texte: «crédibilité». «Comment pourrons-nous être pleinement crédibles, demande le pape, si nous nous présentons divisés devant l’Eucharistie, si nous ne sommes pas capables de vivre la participation à l’unique
Seigneur que nous sommes appelés à annoncer au monde?» Pour le pape, la réponse à cette question pose «une très lourde responsabilité».
Une dynamique de la rencontre
Pour favoriser «la recherche de l’harmonie», Jean-Paul II se met à
l’écoute des Eglises d’Orient et propose une réflexion en deux parties. La
première est intitulée «Connaître l’Orient chrétien, une expérience de
foi». Le pape passe en revue «avec une profonde émotion» la «merveilleuse
variété» du patrimoine de ces Eglises: théologie de la divinisation; caractère inconnaissable de l’essence divine; sens et grandeur de la liturgie;
monachisme, «l’âme même des Eglises Orientales»; sens de la paternité divine – «notre monde a un besoin extrême de pères», note le pape; silence de
la prière ou «apophatisme» de l’Orient Chrétien: «nous devons confesser que
nous avons tous besoin de ce silence chargée de la présence adorée».
Dans la seconde partie du document, le pape examine des voies d’application pratique de «l’aspiration sincère à l’unité» entre les deux Eglises en
vue d’»accroître notre disponibilité commune à l’Esprit» et d’»accomplir de
nouveaux gestes courageux, capables de supprimer toute tentation de repli».
Dans cette ligne, Jean-Paul II ne nie pas «les malentendus et les oppositions ouvertes» qui ont pu se manifester entre catholiques et orthodoxes,
mais il entend provoquer «une dynamique de la rencontre» en évitant «les
concurrences stériles et scandaleuses». Le pape déplore expressément le
tensions survenues entre les Eglises après la chute du communisme dans
l’ancien bloc de l’Est. «Les frères chrétiens qui ont souffert ensemble la
persécution se regardent maintenant avec défiance et crainte, au moment où
des perspectives et des espoirs de plus grande liberté s’ouvrent. N’est-ce
pas là un grand danger de péché?» s’interroge Jean Paul II
Des démarches concrètes et courageuses sont nécessaires. Elles passent
par un effort de connaissance et de respect réciproque, une observation des
normes pastorales en vigueur; un travail pour la charité en commun et des
échanges de formation; une fréquentation assidue entre catholiques et orthodoxes dans les pays de la diaspora; la reprise de la vie monastique dans
les Eglises orientales catholiques.
Le pape termine sa lettre en reprenant «une belle image» qui vient de la
tradition: «C’est d’Orient que reviendra notre Sauveur», mais il ajoute un
constat: «Nous avons privé le monde d’un témoignage commun qui aurait peutêtre pu éviter tant de drames ou même changer le sens de l’histoire». En
conséquence, Jean-Paul II demande à Dieu de bien vouloir «raccourcir le
temps et l’espace», car «l’homme a du mal à entendre la voix du Christ parce que nous n’arrivons pas à émettre des paroles unanimes». (apic/jmg/pr)
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