Ecumenical News International (ENI) NOUVELLES OECUMENIQUES INTERNATIONALES
POUR LE PRESIDENT ZAMBIEN, LES ACCUSATIONS DE CORRUPTION NE SONT QUE
« RUMEURS » ENI-95-0107çF
Lusaka, le 1er mai (ENIçIsaac Phiri) – Le président de Zambie, Frederick
Chiluba, qui, aussitôt après avoir été élu en 1991, avait déclaré son pays
« nation chrétienne », a engagé une bataille ardue en vue de restaurer la
confiance dans son pays et le gouvernement, à l’heure o# les accusations de
corruption se multiplient.
Interviewé dans son bureau de Lusaka par le correspondant d’ENI, le
président Chiluba a reconnu que la corruption ne pouvait être totalement
éliminée de toute société parce c’est un « problème » profondément enraciné
dans la nature humaine.
« Nous sommes tous corrompus d’une fac,on ou d’une autre. Si ce n’est pas
dans le domaine de l’argent, ce peut être dans celui du pouvoir, ou dans
nos relations avec nos voisins. La corruption a commencé lorsqúAdam et Eve
ont mangé le fruit défendu », a rappelé le président.
Soulignant qúil n’avait « rien à cacher », le chef de l’Etat a admis qú »il y
a peut-être eu certaines tentatives de corruption au sein de mon
gouvernement ».
Toutefois, les accusations portées par la presse internationale ont été
exagérément amplifiées, a-t-il insisté, ajoutant que le nombre de
tentatives de corruption au sein de son gouvernement n’était certainement
pas aussi important que le chiffre donné par les médias.
Tous les membres de son gouvernement clairement impliqués dans des affaires
de corruption encourent une action disciplinaire immédiate, a-t-il déclaré
au correspondant d’ENI. « Chaque fois que ces affaires ont été portées à ma
connaissance, je n’ai pas hésité à intervenir contre les coupables. »
Frederick Chiluba est arrivé au pouvoir en 1991 en remportant une victoire
écrasante sur Kenneth Kaunda, qui avait gouverné cet Etat d’Afrique
centrale de huit millions d’habitants pendant 27 ans.
Les Eglises locales avaient vigoureusement soutenu le Mouvement de F.
Chiluba pour une démocratie multipartite (MMD) et avaient veillé au bon
déroulement du processus électoral.
Mais plus récemment, des critiques virulentes à l’encontre du président ont
été émises par les Eglises, qui lui reprochent de tolérer la corruption au
sein de son gouvernement. S’exprimant lors d’une émission de la télévision
nationale, Nephas Tembo, vice-ministre chargé des finances, a accusé son
supérieur, le ministre des Finances Ronald Penza, de porter sur une liste
de sociétés pouvant bénéficier d’un Fonds japonais, des entreprises dans
lesquelles il avait des intérêts, même si celles-ci ne remplissaient pas
les conditions exigées par les donateurs japonais.
Le don de 35 millions de dollars EU aurait été annulé au Japon parce que la
liste avait été falsifiée.
Les responsables d’Eglise exercent aussi certaines pressions sur le
président pour qúil oblige les personnes convaincues de corruption à
démissionner de leurs fonctions au sein du gouvernement.
Pour Clement Shaba, évêque de la très influente Eglise anglicane, « l’heure
est venue pour les coupables de donner l’exemple et de se retirer ».
Le président Chiluba a aussi été accusé d’avoir désavantagé les pauvres en
introduisant un programme rigoureux d’ajustement structurel. Son
gouvernement a supprimé toutes les subventions alimentaires et retiré toute
aide aux entreprises gouvernementales déficitaires. Ainsi, la compagnie
aérienne nationale, Zambia Airways, a été fermée à la fin de l’an dernier
après que les créanciers eurent saisi la quasi-totalité de sa flotte. En
janvier la compagnie nationale des autobus a d# aussi déposer son bilan.
Mais, selon le président Chiluba, cette politique est bonne, à long terme,
pour le pays.
« Nous avons hérité d’une économie en ruines », a-t-il rappelé au
correspondant d’ENI. « C’est comme un malade soutenu par un équipement de
survie; vous enlevez l’équipement, et le patient meurt. »
Il se dit particulièrement préoccupé par la dette de son pays, estimée à 7
milliards de dollars EU.
« Nous n’avons pas d’économie propre », a-t-il dit. « Nous dépendons
d’emprunts. Si nous devons emprunter, nous devrions pouvoir le faire avec
un faible taux d’intérêt. Je ne veux pas diriger une nation condamnée à
faire des emprunts jusqúà la mort. »
La prochaine élection présidentielle aura lieu en 1996. La constitution
prévoit deux mandats présidentiels. Au journaliste qui lui demandait s’il
voulait être président en 1997, il a répondu: « Je gouvernerai et – si Dieu
le veut – je reviendrai pour parachever la reconstruction de la nation. »
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