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Jean Paul II en Slovaquie du 30 juin au 3 juillet (280695)

7 étapes et 7 discours dans un pays sous tension

Bratislava, 27juin(APIC) Après la Tchéquie à mi-mai, la Slovaquie recevra

Jean Paul II du 30 juin au 3 juillet. Cette visite de quatre jours au programme assez léger comprendra sept étapes et sept discours principaux. Comme en République tchèque, le point culminant de la visite sera une canonisation: celle des trois «martyrs de Kosice» torturés à mort en 1619 pour

avoir refusé d’embrasser le calvinisme. Si le pape est attendu avec ferveur

par les catholiques, l’enthousiasme et l’euphorie populaire de la visite de

1990 à Bratislava, après la Révolution de velours, est largement retombé.

Le pape arrivera vendredi à Bratislava dans un pays où la tension est

assez vive, sur le front économique et social mais aussi politique et religieux. Poussée par le parti nationaliste de Vladimir Meciar, la Slovaquie

s’est définitivement détachée de la Tchéquie le 1er janvier 1993. L’héritage économique de la partition est demeuré pesant. Si l’inflation a été

maintenu dans des limites tolérables, le salaire réel a diminué de manière

sensible tandis que le chômage dépasse la barre des 14%. Si la situation

est plus difficile qu’en Tchéquie, les Slovaques la savent cependant enviable par rapport à leur voisin de l’Est, l’Ukraine. A titre d’illustration,

un Autrichien travaille trois minutes pour acheter un litre d’essence, un

Slovaque doit travailler deux heures et un Ukrainien deux jour pour obtenir

cette même quantité de carburant.

Un climat politique tendu

Sur le plan politique, le climat est très crispé, entre les partis nationalistes et populistes, se réclamant parfois ouvertement de l’Etat slovaque de Mgr Tiso, satellite des nazis entre 1939 et 1944, et l’opposition

d’un côté démocrate chrétienne et de l’autre néo-communiste. En prenant publiquement parti au mois de mai pour le président Michal Kovac contre Vladimir Meciar, les évêques ont provoqué de vives réactions allant jusqu’aux

menaces d’attentats à la bombe. Jean Paul II recevant le 4 juin le premier

ambassadeur de Slovaquie auprès du Saint-Siège, a parlé d’une «phase délicate de transition».

Les relations entre l’Etat slovaque et l’Eglise ne sont pas au beau fixe

et on attend du côté des évêques de voir rétablir un régime d’équité et de

pleine légalité. Les lois concernant la restitution de biens ecclésiastiques et l’enseignement de la religion dans les écoles sont sous toit. La

présence de l’Eglise dans les hôpitaux, les écoles supérieures, les prisons, les casernes, les médias et le monde de la culture n’est cependant

pas encore résolue. L’Eglise ne demande pas de privilège, soulignent les

évêques, mais entend contribuer à la renaissance du pays.

Malgré ces tensions, l’Etat slovaque tient beaucoup à la visite du pape.

Vladimir Meciar s’est rendu le 20 avril au Vatican où il a rencontré Jean

Paul II. Pour son voyage de Bratislava à Kosice, le pape s’est vu offrir

l’usage d’un Tupolev flambant neuf, fleuron de la compagnie nationale slovaque. Les mesures de sécurité ont été particulièrement renforcées.

Renouveau de l’Eglise

Sur le plan interne l’Eglise connaît un réel renouveau. Depuis cinq ans

la hiérarchie a été entièrement reconstituée, les diocèses réorganisés, redécoupés ou regroupés. De nombreuses églises et chapelles se construisent

dans le pays, souvent grâce à un soutien direct des immigrés. Jean Paul II

inaugurera la nouvelle église des martyrs de Kosice dont il avait béni la

première pierre en 1990.

40 ans de communisme et de répression ont cependant profondément marqué

le pays. Le clergé est dans sa majorité âgé et peine à assimiler les changements. La délicate question des prêtres clandestins mariés à qui l’on a

proposé de travailler dans l’église comme diacres permanents n’est pas

totalement résolue. Certains ont accepté le marché, d’autres ne se sont pas

annoncés ou ont refusé. Aux yeux de Mgr Dominik Hrusvoky, responsable de la

commission pour la visite du pape, la venue de Jean Paul II doit être un

encouragement contre la résignation de ceux qui pensent que «c’était mieux

sous les communistes».

Irritation des protestants

Autre point délicat, celui des relations oecuméniques. Ainsi la canonisation des «martyrs de Kosice» n’a pas manqué de susciter une certaine irritation des communautés protestantes. Les Evangéliques ont annoncé leur

intention d’organiser la veille une sorte de contre-manifestation en souvenir des 24 victimes protestantes du «Tribunal sanglant de Presov» condamnées en 1687 lors de la Contre-Réforme. L’évêque luthérien Julius Filo,

président du Conseil oecuménique de Slovaquie, s’est ouvert de ces difficultés oecuméniques dans une lettre au pape le 30 mars dernier.

Comme à son habitude, Jean Paul II fera une étape dans un sanctuaire marial, en l’occurence celui de Levoca. Un lieu chargé de symboles puisque

sous la dictature communiste, des milliers de pélerins s’y rassemblaient

régulièrement. En 1991, un demi-million de personnes y convergèrent pour le

plus important pèlerinage de l’histoire de la Slovaquie. (apic/mp)

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