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apic/Espagne/Evêques/Gouvernement

Espagne: Le gouvernement dans le collimateur des évêques du pays

Les responsabilités dans les écoutes illégales doivent être établies

Accords en matière de pastorale pénitenciaire pas respectés (260695)

Madrid, 26juin(APIC/CIP) L’affaire des écoutes téléphoniques illégales

qui secoue depuis quelques semaines la vie politique et sociale en Espagne,

inquiète les évêques du pays, qui estiment que les responsabilités pénales

et politiques doivent être tirées au clair. Dans une seconde déclaration,

les évêques espagnols déplorent et constatent que l’Etat ne respecte pas

les accords passés avec l’Eglise catholique sur la pastorale pénitenciaire:

«Il ne tient pas ses promesses», affirment-ils.

Dans l’affaire des écoutes téléphoniques, les évêques de la commission

permanente de l’épiscopat ont fait connaître leur position dans une note

publiée au lendemain d’une réunion tenue à Madrid. «L’intromission illégitime des responsables d’institutions de l’Etat dans la vie des citoyens est

une atteinte immorale à l’intimité de la personne humaine et à ses droits

inaliénables; elle ruine la sécurité et la confiance et entame le respect

dû aux institutions et à leurs représentants», écrivent les évêques.

C’est pourquoi il faut, ajoutent-ils, que «les responsabilités, quelles

soient de caractère pénal ou politique, soient tirées au clair au plus vite, avec les justes et nécessaires mesures correctrices correspondantes».

Dans la même note, les évêques expriment encore une fois leur opposition

au projet de libéralisation de la loi sur l’avortement, que le gouvernement

socialiste va prochainement soumettre au Parlement espagnol.

L’Etat ne tient pas ses promesses

Dans une seconde déclaration, les évêques demandent à l’Etat de respecter ses engagements en vertu des accords passés avec l’Eglise catholique en

matière de pastorale pénitenciaire.

Le nombre de prisonniers détenus en Espagne a triplé depuis 1984. Ils

sont aujourd’hui 48’178, dont 4’516 femmes, dans 88 centres de détention,

mais l’Etat ne tient pas ses promesses, s’inquiètent les responsables de la

pastorale pénitentiaire, à la veille de leur 5e Congrès national, qui

s’ouvrira le 29 juin à La Corogne (Galice).

Les effectifs de la pastorale pénitentiaire ont également augmenté. On

compte aujourd’hui 2’676 bénévoles et 141 aumôniers. Ces derniers, nommés

par les évêques, recevant un traitement de l’administration. Or, regrette

Mgr José Sanchez, secrétaire de la Conférence épiscopale, le gouvernement

ne respecte pas les accords entre l’Eglise et l’Etat en matière de pastorale pénitentiaire, le subside de l’Etat ayant été réduit de moitié.

Les objectifs du secrétariat de la pastorale pénitentiaire de la Conférence épiscopale sont d’impliquer pastoralement les paroisses, de favoriser

la coordination diocésaine, interdiocésaine et nationale et de coopérer

avec les autres confessions religieuses.

Lors de la présentation du Congrès, qui a pour thème «Eglise et société

pour l’homme et la femme en prison: prévention et réinsertion», le responsable de la pastorale pénitentiaire a rappelé que 80% des prisonniers espagnols ont un lien avec la drogue et qu’ils devaient être traités comme des

malades plutôt que comme des délinquants. Il est certes satisfait des meilleures conditions de détention dans les nouveaux centres pénitenciaires,

mais ceux-ci sont placés loin des grands centres où se trouvent les avocats, déplore-t-il. Ce qui, à ses yeux, peut préjudicier les prisonniers

les plus pauvres, qui sont en outre privés de l’appui de la famille dont

ils ont tant besoin». (apic/cip/pr)

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